‹ Les Jésuites du Canada au XIXe siècle, tome 1; 1842-1872Chapitre 35 sur 67 · Ps., CXXVI · texte numérisé non relu

Ps., CXXVI

LES MISSIONS SAUVAGES (PREMIÈRES ANNÉES

chrétiens... Chaque dollar que vous donnez à une école du Gouvernement pourrait tout aussi bien être jeté dans le Potomac, sous une tonne de plomb. )) 1

La même comparaison a pu se faire entre Manitowaning et Wikwemikong. Et elle s’est faite en réalité par ceux-là même qui pouvaient le mieux en juger. Toutes les fois qu’il était question de trouver des hommes de confiance, pour porter un message au loin ou pour aider l’autorité locale à remplir un devoir plus ardu ou plus délicat, c’est à Sainte-Croix qu’on venait les chercher. Chose singulière! Le bras droit de l’agent de Manitowaning était un sauvage catholique. Les traiteurs avouaient que les seuls bons payeurs étaient à Sainte- Croix. La liqueur de mort si sévèrement tenue hors de la réduction, coulait librement à Manitowaning. Et c’était là la plus séduisante tentation pour nos chrétiens comme le plus juste sujet d’alarmes pour les missionnaires.

Du reste, dès l'origine on avait songé à l’établissement d’une école industrielle, où l'on enseignerait aux sauvages de Wikwemikong tout ce qui s’enseignait à Manitowaning, — sauf l’hérésie. Le P. Choné écrivant au Provincial de France en 1844, demandait deux ou trois Frères capables d’exercer et d’enseigner les métiers de forgeron, de menuisier, de charpentier. Le Frère qui lui fut envoyé parut en état de remplir à lui seul toutes ces charges, avec en plus la cuisine et la ferme. On l’appelait Jean Véroneau, l’un de ces excellents auxiliaires dont le dévouement rend possibles et soutient les travaux du prêtre missionnaire. L’école industrielle de Wikwe-

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