L. P. RicuEo.MME, 5. J. Remerciement avec une enseigne de
pierres précieuses, présenté au très chrétien roi de France, Louii» XIII ; 1 vol. in- 12. Bordeaux.
Réponse au livre intitulé : Extrait des Assertions danjifereuses et pernicieuses, en tout genre, que les soi-disant Jésuites ont, dans tous les temps, soutenues, ensei[înées et publiées. ^ elc, 4 vol. in-4.
Le p. A>nat. Réponse aux Lettres i)rovinciales , pi;I)liécs par le S" de Port-Royal, C. les Pères de la compagnie de Jésus, 1 vol. in-12. Liè'iie.
BoxALD , s. J. Réponse apologétique à l'Anli-Colon ; 1 vol. in-12. Au Pont.
R. P. N"» Caussin, s. J. Réponse au Libelle intitulé : la Théologie morale des Jésuites;! vol. in-12. Paris.
L'abui: de Fotexay. Du Rétablissement des Jésuites, et de l'Education publique;! vol. in-8. Emmerick.
Le p. Abrasseviis , S. J. Recueil de Pièces sur les Jésuites dont la !" est: tout le Momie a tort , ou Jugement impartial d'une Dame philosophe, sur l'affaire présente des Jésuites; ! vol. in-12.
Réponse àun Libelle intitulé: Idée générale; 1 vol. in-J2. Avignon.
Réponse à de nouvelles attaques contre une société célèbre (voyez les Mélanges apologétiques) ; 1 vol. in-8. Paris.
P. RozAVEN. La Vérité défendue et prouvée par les faits , contre les calomnies ajiciennes et nouvelles ; 1 vol. in-8. Polotsk.
Témoignages remarquables dans la cause des Jésuites ; 1 vol. in-12.
Remar({ues sur un écrit intitulé : Compte rendu par La Chalotais; 1 vol. in-12.
P. BoriîouRS , S. J. Sentiment des Jésuites touchant le péché phi- losophique;l vol. in-12. Paris.
Sfortia Pallavici>'us, s. j. Vindicationes Socielatis Jesu ; 1 vol. in-i. Romae.
J Kellerus, s. j. Tyrannicidium ; ! vol. in-4. Monachii.
Hase>muller. Historia Jesuitici Ordinis; 1 vol. in-i. Francofurti.
Stevartius. Apologia pro Socielale Jesu contra Hislor. ord. Jesuitici; ! vol. in-4. Ingolstadii.
Erasm. Milics. De Historia ordinis Jesuitici ; 1 vol. in-4.
Alozo de Roxas, 5. J. Al Rey nuestro senor por la Provincia de la Compania de Jésus de la nueva Espâna ; 1 vol. pet. in-4.
pRA>c. i)E BoMS, sac. LaScimia del Moutalto; 1 vol. in-24. Gratz.
J'ai appris par cœur V Apologie de Ceruitiy dont Tétonnante méthode, la logique nerveuse et la vive éloquence m'avaient séduit depuis longtemps.
Je n'ai pas non plus négligé les témoignages contraires : Les écrits de M. de La Chalotais, de M. de Montlosier, de Ripert de Montclar, etc. , de toute l'école parlementaire et Janséniste; du grand Pascal et de Voltaire luimême.
Attaché par le fond de mes entrailles à l'autorité du chef suprême de l'Église, j'ai dû méditer scrupuleusement et longtemps des actes émanés d'elle et qui semblent se contredire.
Ma foi pohtique n'est pas, Dieu merci, l'absolutisme, ni la représentation constitutionnelle, ni la répulilique, ni l'oligarchie, ni tout autre système partiel de gouvernement : Je n'en répudie et n'en veux absolument aucun à priori; ma foi politique est la démocratie en principe, et, par voie de conséquence, l'obligation de se somnettre à la forme quelconque d'administration nationale que s'imposent évidemment les majorités réelles.
Salus Populi suprcma tcx csto ; tel est, je le répète, iJion symbole, conforme d'ailleurs à l'esprit de l'Évangile et aux doctrines constantes de la tradition catholique.
Les peuples, comme les individus, ont l'instinct de leur conservation ; ils sont juges naturels des moyens de l'assurer ou de lui nuire ; antérieurement et postérieurement aux transactions temporaires qui modifient l'exercice de leur droit, tout ce qu'ils ont de vie est leur propriété avec pouvoir d'user et d'abuser et de ne répondre qu'à Dieu de la gestion ; ils n'aliènent jamais leur droit, ils le confient; et ce libre abandon, loin de détruire chez eux la volonté, en prouve la force au contraire et la constate.
Dans ces dispositions, je n'ai pas vu d'un œil indifférent tous les peuples de la terre ou à peu près, chasser les Jésuites après les avoir acceptés d'enthousiasme; terrible phénomène dont j'ai cherché les causes et tâché d'approfondir la nature ; situation douloureuse que la mienne, puisque j'avais à coeur, il faut l'avouer, de concilier et de confondre dans un tout harmonique, comme ils l'étaient dans mes affections, deux éléments pareils : l'intérêt des Jésuites chassés avec celui des peuples qui les chassaient, les intentions, les actes, les tendances, l'honneur, les essentielles et légitimes prérogatives des uns et des autres.
On a découvert, de nos jours, une nouvelle sorte d'objections qui , sans effleurer les matières en litige , saisissent aux contours de la superficie les plus légers accidents, les rapprochent , les élaborent, les tressent pour ainsi dire artificieusement, et en forment comme une toile d'araignée dont elles enveloppent les arguments d'autrui pour surprendre des essaims de lecteurs inconsidérés.
Ainsi se fait-il que MM. Michelet et Quinet , suivant une tactique dont ils pouvaient du reste se passer , saluent du nom de jésuite, d'absolutiste et d'imbécille quiconque s'oppose à la propagation de leurs enseignements : les deux gros mots lâchés, ils tournent le dos, comme s'il ne restait rien à dire.
Eh bien, celui- qui écrit ces lignes , pourrait-il décliner la qualification d'imbécille ?
En tous cas , il ne doit pas fêtre assez pour répondre affirmativement ou négativement à celte question.
Mais du moins , demande-t-il , et il en a le droit sans doute, que MM. Michelet et Quinet ne prononcent qu'avec connaissance de cause , ce qui veut dire : après l'avoir lu.
On sait maintenant qu'il n'est point absolutiste.
Est-il jésuite?
S'il affirmait uniquement qu'il ne l'est pas, les deux professeurs en concluraient le contraire, selon l'habitude;
ou bien , ils le flélriraicnt, toujours d'un mot, comme plumitif stipendié de l'Ordre.
En alléguant ma vie publique , passée et présente , j'espère lever toute difficulté.
Et d'abord , que le lecteur , considérant les motifs qui me déterminent à parler si lonjjtcmps de moi-même , veuille bien user de quelque indulgence ; MM. Michelet et Quinet ne s'en offenseront pas, et pour cause.
Sous le pseudonyme devenu transparent d'un Solitaire, j'écris la Biographie du Clergé contemporain.
Le Globe, dans son numéro du 26 août 1845, a bien voulu me définir : « un écrivain dont la franchise fait autorité, ET SOUVENT PEUR, dans le clergé. *
En effet, puisqu'il s'agit de liberté, d'affranchissement, de réformes capitales, d'intelligence et de l'ic, j'ai demandé pour le Clergé la réforme et le reste, moi le premier depuis cinqnante ans, sauf quelques exceptions où il est juste de comprendre les courageux Allignol.
J'ai signalé l'état d'ilotisme des simples prelres vis-à-vis des évéques ; j'ai provoqué, affronté et saisi au corps c© formidable despotisme que protègent systématiquement
les pouvoirs politiques, et que sanctifie même en quelque sorte la peureuse ou brutale adoration des esclaves qu'il écrase.
J'ai dénoncé tous les actes d'oppression , compati h toutes les infortunes, encouragé tous les desespoirs, autant et avec plus d'insistance que ne l'ont fait MM. Michelet et Quinet.
Avant eux , j'ai plaidé pour le rétablissement non fictif et dérisoire des officialités diocésaines ; leur urgence étant reconnue, j'en ai montré la possibilité actuelle.
Mêmes efforts pour l'inamovibilité des succursalistes , pour la restauration des études cléricales , de l'enseignement public , du régime essentiellement défectueux des séminaires , de l'antique modestie pontificale.
Maintenant suis-je donc un Jésuite et un vendu?
Oui , certes, j'ai hardiment, de mon plein gré, cordialement professé pour les enfants de Saint-Ignace une vive et discrète admirai ion.
Si c'est a vos yeux une raison de refuser le combat, et le sens définitif de la quaUficaiion sacramentelle , autant déclarer qu'à moins de penser comme vous sans réserve, nuj n'obtiendra la permission de vous faire observer que vous pensez mal.
Une telle supposition serait outraijcuse et injuste ; je la rejette, et n'ai plus désormais qu un souci :
Quelle mctliodc suivre, dans mon examen ?
Conviendrait-il d'établir sur une donnée facultative , les bases d'une dissertation générale, et de saisir au passage les assertions de M. IMicIielet ou de M. Quinet pour les juger insensiblement et comme au hazard, sans rompre l'unité et l'arrangement des parties?
• Mais un des caractères particuliers de leurs Leçons, c'est qu elles manquent tout-à-fait de cette qualité souveraine : division dans l'unité. Soit résultat de l'improvisation ou pur caprice, ils vont sautillant à l'aise d'objets en objets, du noir au blanc, du doux au sévère, et souvent de tous les côtés à la fois; ce qui produit cette prestesse et cette bigarrure, le voici : lorsqu'ils ont avancé une chose , ils l'envoient se faire prouver ailleurs , et -en' avancent de même une autre, puis une autre, et une autre, jusqu'à la fin ; leur livre est un kaléidoscope en mouvement; c'est une cohue de majeures, si je puis le dire, ou de syllogismes sans cœur ni jambes ; ils se trouvent même, par un singulier coup du sort, avoir ainsi produit autant de sujets d'in-folios qu'ils ont défilé de phrases, sans avoir cependant produit ce qu'on appelle un sujet, ni même un sens défini.
Le moyen donc d'en{jlober tous ces tourbillons dans un discours uniforme et régulier?
J'ai du adopter une autre méihode.
Nouvelle difficulté : Un obscur bio{jraphe peul-il réfuter deux écrivains et philosophes distingués comme sont MM. Michelet el Quinei?
On raconte que M. Michelet écrit comme Platon et raisonne comme une lyre; on raconte aussi que M. Quinct, versé dans la méditation de la philosophie allemande, sent d'une lieue son Herder et son Kant.
Je pc'nse que M. Michelet n'est point un écrivain, ni un philosophe, ni même un poète.
Je devine sa vie. Comme il le proclame lui-même , ce fut une vie de travail, une vie de bénédicùn (page S7) abandonné.
Il aime éperdument l'histoire , et les recherches qu'il a faites eu ce genre sont nombreuses, trop nombreuses peutêtre.
Doué d'une imagination raidc et capricieuse, il a dû, lui aussi , se demander si on se levait tous les jours à quatre
lieiircs du malin pour penser comme un autre; et, la nature aidant, il a sollicité, torturé , fait parler l'histoire à sa faniaisic.
La France qui veut toujours des modes nouvelles, ncn fùi-il plus au momie, ci qui a la magnanimité de ne pas les confectionner elle-même, la France portait alors des chapeaux à la Bolivar sur la tête , et sous le bras un lome des OEuvrcs de n'importe quel penseur allemand. Ce fut pour M. Miclielct une immense tentation. Plus consciencieux que beaucoup d'autres, il voulut savoir ce que le tome renfermait; il lut et s'acheva; et combinant des matériaux préalablement amassés avec les rêves morcelés dont l'avaient assailli ces lectures, il conçut et mitau jour ses his^ îoires, précieuse collection de notes d'une part , mais d'autre part informe et ténébreux amaljjame de tous les délires qui peuvent affecter une cervelle humaine.
M. Michelet n'a pas de style; une fois en possession d'une idée, ou de ce qui lui semble tel, on dirait qu'il lu jette encore humide, avec tous les articles du dictionnaire, dans un sac, pour la ballotter et l'enduire ainsi des premiers vocables qui s'y attachent au hazard ; c'est fort ordinairement le secret de l'originalité que plusieurs lui concèdent. Du reste, nulle liaison, nuls rapports, nul caractère, Sri ce n'est de n'en avoir point.
Quel bon bénédictin vraiment! comme on eût pu l'uti-
liser, celte machine a compilation, en la faisant fonctionner sous l'habile et savante main d'un homme supérieur î
L'esprit ne lui manque pas, il l'a fourbu seulement.
Un remède pour l'esprit, une pure lumière à la place de ces feux follets, et tout va bien ; ce qui signifie qu'une saje direction corrijjerail à la longue les inconvénients de ses impressions premières, et le mènerait par une voie meilleure, vers de nouvelles régions, où ne règne point le frivole désir de tout savoir qui fait qu'on néglige tout pour tout et qu'on ne sait rien, mais où luit le vrai soleil qui éclaire, mûrit et féconde le talent.
En général, M. Quinet, comme écrivain , jouit d'un peu plus de considération que M. Michelet.
Il respecte un peu plus souvent la grammaire.
Il a une espèce de rhétorique.
Sa phrase, bien que paresseuse et traînante, se développe quelquefois sur un plan régulier. Il a du nombre, et ce je ne sais quoi que de nos jours on appelle une valeur plastique^ ou C éloquence de l'écorce.
Dignes gens qui nous payons de telle monnaie !
Si ce vaste verbiage n'est autre chose qu un masque à l'usage des plus creuses billevesées, n'importe; il nous plait de voir dans l'obscurité de la profondeur, et dans
d'inextricables cntorlillements une combinaison savante; puis, la forme emportant le fond, Tesprit si doucement abusé suppose des idées magnifiques, qu'il croit ne pas croire absentes, et il veut devoir à son personnage tout ce qu'il lui pi été, d'autant que c'est un honnête moyen de s'adorer soi-même.
M. Quinet figure-t-il réellement parmi les représentants français de la philosophie allemande?
Certes, et je ne puis assez le redire, ma passion n'est pas grande pour ce nouveau charlatanisme qui, sous la pompeuse rubrique de pfiilosopliie de lliisloire, s'empare de toutes les traditions les plus accréditées et les plus vénérables, les modifie, les altère, les nie et les flétrit même attitré d'interprétation rationnelle: système détestable par les fins qu'il se propose;, absurde par celles qu'il obtient et par la nature des moyens qui lè constituent ; injurieux et tyrannique à l'égard des masses dont il repousse l'immense bon-sens et dénature l'inaliénable héritage; honteux et menteur puisqu'autre chose est le nom dont il se décore, autre chose ce qu'il fait.
Cependant je me garderai bien d'exagérer : toujours le mal se mélange ici bas de quelque bien.
Faudra-t-il donc réduire l'histoire à une sèche nomenclature de dates et d'événements, et < condamner Bossuet »
avec son Ilisloire universelle, VUlsloiredcla civiriscilion de M. Giiizot, M. de Chateaubriand , etc., etc.?
Si j'ai parlé de manière à m'at tirer sérieusement une pareille question, ma stupidité m'effraie ; je ne le pensais pas.
J'ai même foi en la Philosophie de l'hisioirCj pourvu qu'on s'explique.
Distinguer la réalité des fables convenues, coordonner les faits et les expliquer, si l'on veut, provideniiellement, par des rapports et des influences manifestes, tirer ensuite d'une somme d'observations bien naturelles et bien nettes, des inductions utiles aux mœurs, à l'inlelligence, aux arts, au bonheur du monde: telle est, à mon sens, la Philosophie de l'histoire,
Scliellino;, Herder, Schlegel, Jacobi, Goethe, Novalis, Ganz, les fondateurs de l'école, et plusieurs encore, si ambigus qu'ils soient en cette matière, semblent pourtant l'avoir comprise ainsi; leurs enseignements du moins ressortent du fond des choses, et en les dégageant de la vaporeuse poésie qu'ils mettent partout, on n'y trouverait peutêtre que des idées légitimes et saines.
Pour avoir voulu les copier, les avez-vous imités? vous, mal avisés disciples, vaporeux sans poésie, bavards sans parole, éclectiques sans discernement et sans vue, pyrrhoniens crédules, architectes de bande-noire, chevaliers
errants à la rcchcrclic de la morale que vous foulez aux pieds sans la connaître pour embrasser (jauohement son éternelle ennemie! vous qui produisez le Génie des religions après l'ouvra^jc de Kreutzer, et les Mémoires deLu' tlicr, et celte orgie mclapliysico-liltérairc CC Ahasvérus, et Napoléon, et cette Ilisloire de France, etc., etc., que sais-jc?et \q% Leçons sur les Jésuites!
S'il est plus calme, plus simple et plus vrai, l'obscur bio{jraplie sera plus fort. Je tire de là toute ma confiance.
Il importait de faire bien connaître MM. Michelet et Quinct, avant d'aborder l'examen de leur publication, et d'établir Iranchement l'état des choses. Sans incriminer les intentions qui certainement sont excellentes de la part de deux hommes si fort considérés et à si juste titre, j'ai dit mon opinion sur les actes; si je me suis trompé, ^ public m'en avertira , et la sincérité qui caractérise mes jugements, j'en saurai faire usage pour les rétracter ou les modifier au besoin.