CONVERSION DES SAUVAGES DU CANADA
Initier ces peuples à la connaissance de Dieu, dont ils ignoraient le nom, aussi bien (jue le culte et les mystères, a été un travail diflîcilc. Bien peu de personnes comprennent le sens de ces paroles : " J'ai reçu votre loi en héritage : hœreditate najuisiii icstî monta ///</." Quand il faut conquérir la foi, pour ainsi dire à la pointe de l'e'pée, on apprécie le bonheur de l'avoir sucée avec le lait.
Il a fallu d'énormes dépenses pour donner aux Sauvages nomades, un peu de cette fixité, sans laquelle leur instruction dans la foi paraissait impossible, et c'est à quoi ont servi les abondantes aumônes de tant de personnes qui, à l'imitation de l'invinc'ble Louis XIII, de la Reine son épouse et du ce'lèbre cardinal de Richelieu, ont exercé leur zèle et leur charité envers ces peuples infortunés.
C'ette (Ouvre demandait en outre une douceur et un courage |)eu ordinaires ; aussi fut-elle puissamment secondée par la fondation de l'Hôpital et du Séminaire pour les jeunes filles, deux établissements érigés depuis peu à Québec. Dans le premier résident les Religieuses venues d'un couvent de la ville de Diei)pe, et que l'on nomme en France Hospitalières 4 dans l'autre, les Ursulines venues de Paris et de Tours avec leur fondatrice, et appartenant la plupart à des familles nobles ^ .
' CcH d«Mix pri^cioux «''tablisHoinoiits. un <los HoutionH et ntie tien gloires (le cette colonie, ont eoutimié (lepui.s KkJH justiu'ii no.s jours, et ((ans (les proportions (]ui ont ^çraiuli avec les besoins, leur apostolat (le zMe et de eharit<^. \a> catholieisine s'y révèle tout entier, aujourd'hui eonitue autrefois, en inspirant à des âmes généreuses et sensilde.s, le courage de renoncer aux jouissances et aux avantages de ce niond(\ pour devenir les servantes des malades et les institutrices de renfanee.
La Duchesse d'Aiguillon fonda l'Hôtel-Dien.et ses p«»rtess'ouvrirent aussitôt, dit Haucroft, non seulement " aux sonft'rauces des émigrants, " mais aux maladeë et aux intirmes des nombreuses tribus dissémi-
Les sueurs, les aumônes spirituelles et temporelles, et surtout les exemples de ces bonnes Religieuses ont contribué puissamment à attirer dans ces lieux déserts, non seulement des Sauvages, mais aussi bien des Français qui, établissant là leur demeure, ont donné de la se'curitc aux Sauvages, et ont beaucoup aidé à les y fixer.
Mais mon dessein n'est pas de m'étendre sur la conversion de ces peuples, au milieu desquels les missionnaires travaillent encore. Qu'il suffise de dire ciue là où l'on ne trouvait pas \ notre arrivée une seule âme qui connût le vrai Dieu, à présent, malgré les persécutions, la disette, la faim, les guerres et la j)cste, on ne rencontre pas une seule famille où il n'y ait des chrétiens, quoique tous les membres ne le soient pas encore ; et cette grande merveille s'est opérée en moins de vingt ans.
Je me bornerai donc à dire ici en peu de mots quelque chose des heureux commencements et de la triste fin de la Mission huronne.
Ce peuple, comme nous l'avons dit, avait des demeures fixes, avec des villages et des forts, à 900 milles de Québec, et à 4,000 milles de l'Europe. Pour faire voir la force du bras de Dieu dans cette œuvre, j'exi)oserai les différentes difficultés (|u'elle a rencontrées.
" IK^CH entre le K<^iiébec et le Lao Sup<?rionr. Le nmlhenr y est rvri\ " Hîins qu\»n «'iiilonn»^ de hou «uivrine. Sept R«'lijfieu8»'H, dont lu i>lw8 " jeune n'uvait que ii*2 aiiH et 1» pluH àg^e 'i'), avaient ét(* clioisieH daiis " un couvent de Dieppe pour venir l)raver la faim et le froid au " Canada. "
" L«« même enthousiasme religieux, continiu» le même Instoricn, ** inspira i\ Mme do la l'eltrie, jeune et opulente veuve d'Alenrou, de '* fonder le couvent des Ursulines pour l'etlucation des jeunes lilles. ' Elle vint elle-même en diriger l'étalilissement, et elle amena aveocllo p<)ur première supôrienre, la célèbre Mère Marie de l'Incarnation, la Thérèse de la Nouvelle-France. Mme de la Teltrie consacra à cette belle et sainte œuvre ses ressources et sa vie.