AU CARDINAL DE LUGO
Éminentissime et Révérendissime Seigneur et très-vénérable „ Protecteur .
L’intérêt que Votre Éminence a manifesté en écoutant le récit des heureux succès de ces Missions ; la douleur qu’elle a ressentie à la nouvelle de leurs désastres, et le désir ardent qu’elle a exprimé de les voir rétablies au plus tôt, indépendamment de ce que vous doit la Compagnie et moi en particulier, ainsi que beaucoup d’autres membres de cette Mission, que vous avez nourris du lait de la sainte Théologie, m’ont porté à lui dédier la présente Relation, qui est en grande partie due à sa suggestion. Sans doute la personne de l’écrivain et la simplicité de son style ne méritent pas de fixer les yeux de Votre Éminence, mais le sujet par lui-même est intéressant et pourra, je l’espère, porter son fruit. Les hommes haut placés doivent, comme fait V otre Éminence à la grande édification de l’Eglise, imiter les perfections de Dieu, qui ne dédaigne pas de fixer ses regards sur les choses les plus humbles , surtout quand elles contribuent à sa gloire.
Avec une espérance si bien fondée, je prends la liberté de présenter'mon travail à Votre Éminence, en baisant très-humblement ses vêtement sacrés.
J’ai l’honneur d’être
de Votre Éminence Révérendissime le très-dévoué et très-reconnaissant serviteur en J. C.,
François-Joseph Bressani, A Macérata, le 19 juillet 1653.