CHAPITRE VIII
DÉVASTATION DU PAYS DES HURONS ET ÉMIGRATION DE LA MISSION HURONNE A QUÉBEC.
La cruauté des Sauvages vainqueurs de nos chrétiens dans leur propre pays, inspira à ces derniers une telle épouvante qu’ils s’exilèrent volontairement, et se réfugièrent, les uns au fond des plus épaisses forêts, les autres sur les écueils arides de la Aer douce ? aimant mieux s’exposer à ces précipices et à ses abîmes, qu’au feu des Iroquois ; d’autres encore chez une nation, que nous nommons la Vafion neutre, parce qu’elle était alors en paix avec les deux partis, et d’autres enfin dans les montagnes de la Vation du Petun,
Le petit nombre qui restait, nous supplia de rester avec eux, sans plus nous éloigner. Ceux qui n'étaient pas chrétiens s’engagèrent à le devenir tous, et les chrétiens à être ndèles dans la Foi jusqu’à la mort.
Pour n’en laisser aucun sans secours, plusieurs d’entre nous suivirent ces fugitifs sur les écueils de la Mer douce, et dans les forêts de trois cents milles et au-delà, afin de les consoler et de cultiver la Foi, à peine naissante dans leurs cœurs ; d’autres allèrent dans les montagnes de la Vation du Petun.
Quelques uns, cédant aux désirs nressants de plusieurs Sau vages, s’occupaient à rassembler ceux qui étaient dispersés afin
+ Ut merear tot Sanctorum patrocinio victoriam in tam forti certamine, * Le lac Huron.