IV- PRVDENTIA SVSTINET VRBES
Minerve debout, la tète casquée, velue d'une longue robe qui ne la couvre qu'à pailir de la ceinture et d'un manteau passant sur l'épaule gauche; de la main droite elle tient une hallebarde enlacée d'une branche de laurier, et de la gauche la représentation d'une ville, au-dessous de laquelle se trouvent le mot grec IIOAIOYXOS, inscrit en dedans de la légende latine, avec laquelle il est concentrique. A l'exergue, sous un trait : 1580. — Grènetis.
Conf. Collections de la Ville et dAiïr
11 existe une variété de celte pièce, sur laquelle, au revers, les mots des légendes sont séparés par un point.
h.Bvvv 'a6\io\)-/05 (Minerve prolectrice de la ville). La légende du revers l'ait peut-être allusion à l'ordonnance deBlois, rendue en 1579.
LKS JETONS DE L'ECHEVINAGE PARISIEN.
* H/EC . CAPIT • VNITOS • NAVIS • PELLITQ • REBELLES
Efii aii\ armes de Paris, renfermé dans une couronne formée de deux branches de laurier. Le vaisseau est conlourné. — Grènetis.
R'. VNVS • DEVS • VNVS • REX • VNA • FIDES • VNA • LEX
Femme ailée, soulenanl de Li main droite une couronne à l'antique, et de la gauche une lyi'e, assise sur des nuages el environnée d'étoiles : au-dessus se trouve un œil rayonnant, au-dessous le mot VNIO. — A l'exergue, sous un trait : 1581. — Grènetis.
Cont'. Collections de la Ville et dAlh'y. Voilà des déclarations dn lidélité que les faits ne larderont pas à démentir.
iV" 3:5.
* FLVCTVAT • AT • NVNQVAM • MERGITVR
Vaisseau voguant à droite; battu par les quatre vents du ciel, il est soutenu par une main sortant des nuages. — (Jrènetis.
R'. # OPPRESSA • SVRGO
Palmier avec dos r(>jetons. A l'exergue : 1^81. — Grènetis.
/R. Bibliothèque nationale.
1580. Des maladies épidémiques avaient décimé la Ville pendant Télé; mais lautoinne fut magnifique, et d'ailleurs la population se consolait de tontes ses misères, en voyant le succès des armes du lioi contre les religionnaires. (Voir D. Félibien, t. 11, p. 11/12.)
JETONS 15 AN AUX
Mi'inos lype el léyeiide (]iraii iiuiiH'ro précédunl.
FV. # RERVM • PRVDENTIA • CVSTOS ï('le de Méduse. — Grènelis.
M. Biljlio(hèr|iie nationale.
Type du n° 3i .
* NAVEM • lACTANTIBVS • VNDIS
Py. ARGENTE A • PALLADIS • .■ET AS"
Mineive ploii^rée dans les eaux jusqu'à ini-corps; elle tient de la main droite une hallebarde entourée de laurieis; elle a un bouclier au bras gauche; au-dessus d'elle est un nna[je d'où s'échappe une pluie d'argent. A l'exergue : 1 583. — Grènetis.
.f$. Bibliothèque nationale.
Mêmes type et légende qu'au n° 3-i.
R^ # EIDE • ERG A • REGEM
Char traîné par deux licornes revêtues de housses; dans ce char est la représentation de la
Ville , derrière iaquelle est assise, sur un siège élevé, une femme demi-nue, tenant dans la main droite une couronne et dans la main gauche une palme. — A l'exergue : 1 583. — Grènetis.
Conf. Collections de la Ville et dMffr; .
La Ville veut léiiioigner sa fidélité au Roi, au milieu des passions furieuses (|ui se déchaînaient conlfe ce prince.
Mêmes types el légende qu'au n" Sa.
R-. REMIGIO . FLVCTVS • SVPERANS
Armes de la Ville remplissant le champ entier : le vaisseau, qui est contourné, est muni de trois mâts; il a une dunette fort élevée el un grand éperon. A l'exergue, sous un trait : LVTETIA. — Grènetis.
(lonf. Colleclion d'Affrv.
Droit scmblahle au revers du jeton qui précède.
R'. ET • FLOREBIT • QVASI • LILIVM
Femme assise, soutenant par la trabe une ancre posée sur un cube, dont la stangue est enlacée de deux branches de lis fleuries; elle lève les yeux vers un soleil rayonnant au-dessus d'elle. A l'exergue : 1585 — Grènetis.
Conf. Collections de la Ville et d'Aiïry.
La légende du revers n'est autre chose qu'une prière, insérée dans quelques rituels, pour obtenir que Dieu donnât un fils à Heiui III ( 1 5 8i).
JETONS BANAUX
• FLVCTVAT • NEC • MERGITVR •
Armes delà Ville remplissant toul le clinnip : le vaisseau vogue à [jauclic. A l'exergue, sous un trait : LVTETIA. — Grènetis.
Même revers qu'au prc^cédent, avec celte différence que la légende commence el finit par un point. — Grènelis.
Conf. Collections de la Ville et d'Affry. Il existe de ce revers diiïérenles variétés sans importance.
Cette devise, qui, depuis i853, a été adoptée par la Ville, a été l'objet de diverses notes insérées dans une revue périodique, et ayant pour but d'en rechercher la date et l'origine.
A cette occasion, M. l'abbé V. Dufour a rappelé que, selon M. Pelit de Julieville, les mots Fluctuât nec mergitur auraient accompagné l'écu municipal depuis le xvi'= siècle. Cette assertion n'est pas neuve; déjà, en 1767, le président Durey de Noinville, dans son travail sur les fleurs de lys, attribue cette devise à Paris. Mais l'attribution n'est pas exacte : on ne connaît, du moins, aucun document qui la justifie. Si, à l'Hôtel de Ville, dans le tympan intérieur de la porte principale, envoyait, au-dessus d'une inscription datée de 1608, l'écu parisien accompagné de la devise qui nous occupe, il ne faut point perdre de vue que cet ornement était tout moderne et postérieur à i853.
D'un autre coté, M. Le Roux de Lincy a fait remarquer que l'on ne rencontre rien de semblable ni sur les sceaux ni dans les descriptions ollicielles des armes parisieimes, observation ({ui n'a pas échappé non plus à M. Gh. Read. Il a exprimé dès lors l'opinion que la devise en question est particulière à l'un des Prévôts des Marchands qui ont exercé pendant le xvi" siècle; il a ajouté qu'une solution définitive serait, suivant toute probabilité, fournie par les jetons.
Les conjectures de M. Le Roux de Lincy se sont confirmées.
La Ville de Paris, comme l'établit surabondamment le présent travail, n'avait pas autrefois de devise fixe, pouvant figurer ainsi dans ses sceaux et dans son blason; mais, sur les jetons qu'elle faisait frapper, elle accompagnait ses armoiries d'une légende essentiellement variable, se rapportant d'ordinaire aux événements
contemporains; toutefois cette idée, que la Cité élait assez forte pour résister à tous les orages qui pouvaient fondre sur elle, a été exprimée à plusieurs époques et sous des formes diverses.
La formule Fludual nec 7nergiliir, qui apparaît, pour la première fois, sur le jeton banal de i 585, semble avoir été fort goûtée des Parisiens; elle a été adoptée par plusieurs magistrats municipaux; vingt ans après, elle est rappelée par l'auteur de stances présentées, le i''"' janvier i6o5, à François Miron, sur son élection à la Prévôté des Marchands. Cet auteur, s'adressantà la Ville, s'exprime ainsi :
Vosti'i' belle devise est ores à sciii poinel: Tousjours, sans submerger, voslre navire flotte; Vous naviguez au port
Jacques de Bie a publié le jeton banal ci-dessus décrit, n° 33, qui présente une variante de notre devise. 11 l'explique de la manière suivante :
La devise est empruntée de ce qui fut escrit en la chaleur des grands diffe'rens d'entre Frédéric II et le Pape (Grégoire IX ou Innocent IV), qui soustenoit avec raison que la nacelle de l'Eglise pourroil bien eslre agitée, mais non pas mise à fonds.
11 est diflicile d'établir la parfaite autbenticité des paroles attribuées au Souverain Pontife; toutefois on peut considérer comme résolues les questions auxquelles a donné lieu la devise : flucluat nec mergilur.
Voir : \ Intermédiaire des chercheurs et des curieu-x , année i8G6, p. i36, igo, 34 1 ; Annales archéologiques, t. I, p. 95 1 ; Dictionnaire généalogique , 1767, t. III, p. cxxvii; J. de Bie, Les familles de France illustrées par les médailles, 1 634 , p. aao. On peut aussi consulter Toux inge intitulé : Les Armoiries de la ] illc de Paris, l. I, p. 189 à Kja.
Type et légende du n° 87.
R'. * SERVATI 'X GRATIA * CIVIS *
Couronne formée de deux branches de chêne réunies par un nœud, dont chaque bout est terminé par une houpe; dans la couronne est placée la date : « 1588 *; au-dessous, entre les deux bouts du nœud, se trouve une quinte-feuille. — Grènetis.
ConI'. Collections de lii Ville et d'AITrv.
.IKTONS UANAUX.
La légende dii revers l'iiil iilliision ;iiix vicloii-es de Viniori el d' \idiii';ui . iciii- |)oiiées parles Iroupes royales en i^Sy.
Ilexisle. dans la collection d'AlVi-y, un jeton qui ollVe, au droit, le Hoi à cheval, portant une lance à |)cnnon lleurdelysé, et suivi des six pairs laïqiu's à cheval. A rexerçjue. on lit : E • PARE • VI • IMX •