EXIT VT INTRAT
et dans lexergue : Chambre aux ileiinrs. iCSo. CeltP devise n'a ])as besoin d'explication.
Ln soleil au-dessous duquel est un arc-en-ciel , avec ces paroles :
TERRAS ESSEC JVBET ESSE QVIETAS.
Dans l'exerjjue: Trésor royal , i^JQ-
Cette devise est de i'an passé et l'ut faite sur la paix.
L'explication en est aisée.
POLR LA VILLE.
Des {juidons, des trompettes, des mousquets et plusieurs autres iiistiiimerits de guerre sont nouez d'une écbarpe couverte de fleurs de lis, avec ces paroles :
FECIT VICTORIA NODVM.
Elles ne peuvent estre plus justes pour les triomphes du Roy, puis que, si! navoil pas esté suivy en tous lieux de la victoire, nous n'aurions pas encore eu la paix. Comme sa modération est sans exemple, ses ennemis ne s'en seroient pas faits une vertu, s'ils avoient eu les niesmes avantages que ce grand monarque. Ainsi on peut dire que l'heureux succès de ses armes luy ayant fait voir qu'après tant de glorieuses conquestes, il ne lui restoit plus qu'à triompher de sov-mesme, c'est cette illustre victoire qui, en rendant tant de divers instruments de guerre inutiles, a fait le nreud qui les lie ensembb'.
Le revers de celle dernière devise nous reiirésente les armes de M. de l'omereu. Prévost des marchands.
Je reçois présentement un nouveau jetlon qui a esté fait pour la maison de la Heyne. Comme je le fais adjoùter à la planche déjà gravée, vous ne le trouverez pas en ordre comme les autres, il suit seulement le chifl'ro. On n'a pu me dire le nom de fautheur de la de\ise. Tout ce que j'ay sçeu, c'est que M. Chéron en est le graveur.
Face droite oii est le portrait de la Reyne.
'■' Le jeton gravé porte ces mots : Terras jubet esse quielas. Le texte du Mercure Joinie par erreur deux fois esse.
Un encensoir dans un champ d'oliviers sur un aulel. La luniée qui s'exliaie de cet encensoir vers les cieux retombe changée en une rosée bienfaisante et enlrelient l'olive dans sa beauté. Ces paroles sont autour:
H INC ROS QVO L(ETA TVETVR.
Rien ne peut mieux convenir à la Reyne, toute la France estant convaincue que c'est aux prières de cette princesse qu'elle doit la paix. Vous sçavez que l'olivier en est le sinibole et que l'encensoir fumant est celui de la prière.
Eu vous parlant des choses qu'on peut appeller du premier jour de l'année, puisqu'elles sont faites pour estre distribuées ce jour là, je ne dois pas oublier de vous apprendre que ce mesme jour Messieurs de Ville, ayant M. le Prévost des marchands à leur teste''', se rendirent à Saint- Germain et eurent l'honneur de saluer le Roy, la Reyne, Monseigneur, Monsieur et Madame. Ils allèrent en suite chez tous les Princes du sang el s'acquittèrent du mesme devoir envers M. le comte de Vermandois, M"° de Blois, aujourd'hui M""' la princesse de Contv, M. le duc du Maine, M. le comte du Vexin, M"" de Nantes et M"' de Tours. Ils ne font qu'un conq)liuieul au Roy sans luy faire de présens; mais ils donnent à tous les Princes une bourse de cent jetions dor et aux Princesses des oranges, des liqueurs et des confitures.
{Mercure ijalunt , année 1680. janvier, t. 1, p. aS-i^.)