‹ Les jetons de l'échevinage parisien;Chapitre 9 sur 231 · IV. Vive : LE ROY * eX * SSS RÇttlS · texte numérisé non relu

IV. Vive : LE ROY * eX * SSS RÇttlS

Croix longue lleuronnée, mouvant d'un perron de quatre marches : le champ est occupé par un treillis dont les interstices sont remplis de fleurs de lys. — Double grènetis.

Conf. Collection d'Affry, au musée de l'Hôtel de Cluny.

Le type du sceau de 1 4 1 a est reproduit de la manière la plus complète sur le droit de ce jeton, qui, dès lors, ne peut appartenir qu'à une époque à peu près contemporaine.

Ce ne sont pas des armoiries qui figurent sur cette pièce; comme Le Roy. comme D. Félibien et D. Lobineau, il faut voir ici purement et simplement la net. devise de la Ville, symbole déjà ancien de son important commerce par eau; quant aux Qeurs de lys, elles indiquent le dévouement de la cité à la Maison royale.

Le revers donne la représentation du calvaire qui, pendant plusieurs siècles, a existé sur la place de Grève. On ne sait ni quand ce monument a été élevé, ni

à quelle époque il a été détruit; quelques rapprochements permettent toutefois

d'en fixer approximativement la durée.

La croix existait dès t3b'], époque à laquelle Charles de France, régent du royaume, harangua le peuple parisien du haut de ses degrés; elle était encore debout vers 1670, ainsi que nous l'apprend Sauvai en rapportant le fait qui précède. D'un autre côté, d'après Piganiol, la fontaine de la Grève, dont Louis XllI posa la première pierre en 1626 et dont on fit la reconstruction en i638, fut transportée à la place Maubert vers 167Û. Cotte date est à noter. En effet, la création du quai Le Peletier, qui eut lieu de 1678 à 1 678, devait nécessairement rendre la place de Grève beaucoup plus fréquentée; or la croix qui se trouvait au droit de l'arcade Saint-Jean et la fontaine ([ui était placée devant l'arcade du Saint- Esprit devenaient une gène réelle pour la circulation. Leur suppression était la conséquence naturelle du nouveau percement : elle dut, suivant toute apparence, avoir lieu à peu près en même temps. Il est, du reste, à remarquer quon 167g un arrêt du Conseil ordonna l'élargissement de la rue du Mouton, laquelle, ainsi que la rue du Martroy, n'avait pu tarder à devenir un débouché iuqjortant.

On n'est pas d'accord sur la hauteur du perron qui servait de base à cette croix. Bonamy, dans son mémoire sur l'inondation de 17A0, dit qu'il était composé de douze degrés; M. Le Roux de Lincy ne lui en donne que huit, et avec raison, car, d'après la vue de l'Hôtel de Ville dessinée en i6i3 par l'arcliitecte Cl. Chastillon et gravée par Mérian, le calvaire est monté sur sept marches et un piédestal.

Le calvaire, ainsi qu'on peut le voir dans les vues de l'Hôtel de Ville publiées par Asseline, par Rigault, a été remplacé par une croix de fer posée sur un piédestal et placée à l'extrémité du mur du quai qui séparait le port de la Grève de la place du même nom.

La légende qui accompagne cette représentation est remarquable par sa naïveté. La France était dans un état de commotion politique excessivement grave : le Bureau de la Ville ne savait s'il devrait crier vive Bourgogne ou vive Armagnac; il se tire d'embarras en inscrivant sur son jeton une banalité. La légende, GOmPTZ BieN eT PRIQZ BISN, qui se lit au droit, se rapporte à l'usage des jetons employés par les marchands et les banquiers pour les calculs d'arithmétique.

Voir Le Roux de Lincy, Ilisloire de l'Hôtel de Ville de Paris, t" partie, p. Sg; Le lioy, Disscrl. sur l'origine de l'Hôtel de Ville, p. xli et xlvi; D. Félibien et D. Lobineau, Hist. de la Ville de Pin-is, t. I, p. 627; Sauvai, Hist. et rech. des antiq. de la Ville de Paris, t. Il, p. 90; Piganiol de la Force, Descript. de Paris, t. IV, p. 90, 92; G. Brice, Descript. de la Ville de Paris, 1. II, p. 20; Mémoires de l'Académir des inscriptions, t. XVII, p. 700, noie n.

ji:tu.\s banaux.

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R. Vive : LE ROY ET SHS : flmiS •

Croix longue fréfle'e, à lui caniu'lé, inouvanl (ruii puiron à (|iia(ru marches el côloy(?e de clem Heurs de lys couroiine'es. — Double giènetis.

Couf. Colieetioiis Jules Rouyer, à Nancy, el d'AU'iv.

■é^ : SVR : TOVTES : GITeS : PfiRIS : PRISE: :

Type des pre'cédents, avec ces diiïerences que le mal du vaisseau est suiiuonté dune hune cre'nele'e el que la voile est chargée de fleurs de lys sans nombre. — Double grènelis.

R . OflR : SR : NEF : FICVRE : Le6"LISE :

Type du nuniéio pre'cédent. Il est à remarquer que les quatre bras de la croix sont fleuronne's, conirairemeni à ce qui se prali(]ue d'ordinaire pour les croix longues, dont on orne seulement la partie su[iérieure el les croisillons. — Double grènetis et fdet.

Conf. Colleclion Rouyer.

Celte pièce est dune date un peu plus moderne que les précédentes; elle semble être de ih'io environ.

La légende rimée qui occupe les deux faces de ce jeton n'est pas facile à interpréter : on ne peut guère faire ici que des conjectures; voici la plus raisonnable : l'Eglise, nom donné à la société de ceux qui font profession de la foi catholique, a été souvent comparée à un vaisseau ; par analogie, Paris considère sa nef comme la personnilication delà France, et s'enorgueillit ainsi de son titre de capitale.

-^ SVR : TOVTeS : Oixez : PARIS : PRISH *

Armes de la Ville de Paris remplissant tout le champ. Le vaisseau, muni de châteaux crénelés de poupe et de proue, n'a qu'un mât, surmonté d'une hune simple, autour duquel la voile est enroulée; le chef est chargé de trois fleurs de lys seulement, rangées sur la même ligne.

Ces armoiries doivent se blasonner : de gueules, au vaisseau vêtu d'argent, voguant sur des ondes de même; au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys rangées d'or. — Double grènelis, fdet intérieur.

R. GRR : LR : NeF : FICVRe : LeffLISE : # : #

Croix formée de deux liges fleuries et feuillées passées en lacs d'amour et se terminant chacune, d'un coté, par un lis de jardin et, de l'autre, par un bouton de rose. — Double grènetis et filet intérieur.

Gonf. Collection Duleau.

La collection d'AlTry possède deux exemplaires en cuivre de ce jeton, dont le revers est varié : dans l'un, la légende est terminée par deux points et une quartel'euille de chaque côté; après la légende se trouve une quinte-feuille tigée et feuillée.

Les fleurs de lys placées au droit de cette pièce sont dignes de remarque : tandis que le sceau de 1/126 porte un chef semé de France, le jeton, évidemment plus moderne, ne donne que trois fleurs de lys. Divers documents constatent cette différence, qui ne laisse pas que d'être assez importante : ainsi, les Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne ramwvienl que, lors de l'entrée à Paris du roi Henri VI d'Angleterre, le 2 décembre liSi, la porte Saint-Denis était ornée d'un écu de très-grande dimension, qui crestoit à moitié de rouge et le dessus

« d'azur semé de fleurs de lys, et ou ti^avers de l'escu avoit une nef d'argent •»

De son côté, le héraut Gilles Le Bouvier, dit Berry, dans son armoriai, qui a été terminé vers i/i55, charge le chef des armoiries parisiennes de trois fleui-s de lys rangées seulement.

Ces armes n'étaient donc pas encore fixées d'une manière bien certaine au milieu du xv"" siècle; peut-être aussi ne doit-on voir là qu'une de ces erreurs de peintre qui se rencontrent si fréquemment en matière héraldique, et qui, en se renouvelant, ont amené la modification de plus d'un écu.

JETONS BANAUX. 5

Paris aiïectioiiiiait les fleurs qui ornent le revers de ce jeton : en i 63o , Mahiet Biterne avait peint la chambre attenante au Bureau, dans la iMaison aux piliers, de llcurs de lys et de rosiers entremêlés et rehaussés des armes de France et de la Ville.

M-M. Rouyer et Huclier attribuent cette pièce à l'extrême fin du xv' siècle. Elle est probablement un peu plus ancienne : le type, dont on connaît plusieurs variétés [jothiques, semble appartenir au règne de Louis XI; il s'est maintenu |i('ndanl un temps assez long, jusque sous François F''.

Voir Ilistoive de V Hôtel de Ville, planche des sceaux; Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne, p. \h'\\ Armoriai du héraut Berrij, publié par Vallet de Viriville, 1866, p. 54, 61; Sauvai, I. tl. p. .'iS-!; iJouver et Hucher. Histoire du jeton, 1808 p. i65.

~âr SVR : TOVTeS : CITez : PARIS : PRISQ * *

Armes de la Ville, comme au numéro précédent. — Double grènetis et filet. IV. i- DNS : PROTeOTOR : MEVS : NON : TimeBO Croix semblable à celle du numéro précédent. — Double grènetis, filet. Conf. lîibliotbèipie nationale.

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