PACEM SUMMA TENENT
A l'égard de la devise de l'Hostel de Ville''-', le mesme M' de Santeùil a voulu montrer qu il n y a rien de plus glorieux pour le Roy que de voir un nombre infiny de souverains liguez contre la gloire de ce monarque, et qui ne peuvent en souffrir l'éclat.
Les Medes estoient ennemis des Parthes. Ces derniers adoroient le soleil, et les Medes, pour insulter leurs ennemis, tirèrent des flèches contre cet astre, et souvent le dépit de ne le pouvoir atteindre leur en faisoit décocher dans l'eau, où l'image du soleil estoit représentée. M' de Santeùil a pris le corps de sa devise sur la folie de ces peuples, qu'il a fait voir dans le revers du jetton, avec ces mots :
SECURUS AB ALTO.
Rien n'est mieux imaginé, ne marque mieux la giandeur du Roy, et ne peut faire voir plus
"' Voir les jetons àf In \'ille de l'nris sous In Pi-évùlé de M. de Fourcy. — '■' Idem.
clairement que les Iraits que ses ennemis de'cochent contre luy feront aussi peu d'efTel que ceux (jue les Medes dardoient contre le soleil, et contre son imag^e.
J'ajouteray icy l'explication du jetton des galères, dont la devise a esté faite par M' Gautliier. C'est un aiglon qui porte la foudre avec les mots d'Ovide :
QUC) POSTULAT USUS.
Ils sont tirez de la liarangue d'Llisse contre Ajax, où cet adroit capitaine, voulant faire voir aux Grecs de quelle utilité il avoit esté parmy eux, soit pour le conseil, soit pour l'expédition, leur disoit : MITTOR QUO POSTULAT USUS. Rien ne fait mieux voir la situation de Monsieur le due du Mayne, qui se trouve en estât de servir également sur terre et sur mer; sur terre, comme colonel gênerai des Suisses; sur mer, comme gênerai des galères. On a représenté, pour marquer cette grande charge, le détroit de Gibraltar, avec une galère sur la Méditerranée, et une autre sur l'Océan, oii elles seront désormais en usage. Voicy quatre vers qui expliquent en quelque façon cette devise :
Tremblez, mortels audacieux.
Toujours prests à voler sur la terre et sur l'onde Contre les ennernys du plus grand Roy du monde, Je porte sous ses ioix la terreur en tous lieux.
On peut ajoutera cela que l'esprit de Monsieur le Duc du Maine a brillé de si bonne heure, qu'il y a lieu de croire qu'il sera comme Ulisse aussi capable de servir dans le conseil que dans les armées, oîi il a déjà fait paroistre beaucoup d'intrépidité, ayant cherché, pendant la dernière campagne, à se trouver dans toutes les occasions les plus périlleuses.
Je laisse à vos amis à vous expliquer les devises des autres jetions. Je scay qu'ils s'en font un plaisir, et que chacun en prend à deviner le véritable sens des auteurs.
(Mercure gahint , février 1690, p. i.'ii el siiiv. )
Devises :
1 . Paceu srsiMi TENEM. (Exergue : .Erarium regiiim, 1 G()0.)
a. Lix i'>A TBims. (Exergue: 1630.)