‹ Les jeunes croyancesChapitre 16 sur 35 · A UNE ARLÉSIENNE · texte numérisé non relu

A UNE ARLÉSIENNE

J'avais de plus d'une fillette Au charmant costume arlésien, Provoqué Toeillade coquette, Cherchant ce que chacun souhaite :

Le grand mal qui fait tant de bien !

Oui, j'avais voulu, le dirai-je Sans regret? boire un peu d'amour 1 L'ennui monotone m'assiège, Et, las de la paix du collège, J'aspirais à vivre à mon tour.

Je portais donc au fond de l'âme Un idéal de la beauté; Mais toujours devant une femme Mon espoir tremblait, vaine flamme.

Au vent de la réalité.

Or, j'allais quitter votre ville.

Calme, le cœur froid et l'œil sec, Riant du sot assez habile

Pour savoir trouver entre mille Une Arlésienne au profil grec !

A une Arlésienne. 73

Lorsqu*en parcourant une église, A rheure où jette son adieu La clarté du jour indécise, Moi, pauvre pécheur, ô surprise!

Je vis un prodige de Dieu !

Trop malin pour être d'un ange, Pour être d'un démon trop doux, Un regard avec moi s'échange :

C'est le feu d'un soleil étrange, Et ce rayon partait de vous.

A vos yeux faut-il que l'on donne Des traits profanes ou divins ?

Je ne sais, Vénus ou Madone, Qui doit tresser votre couronne, Des Amours ou des Séraphins.

74 ^s Jeunes Croyances.

Mais vous fuyez... Moi, je cours vite OfiFrir à votre doigt rosé La pure goutte d*eau bénite :

Il touche ma main; je palpite...

Doigt tentateur! quen*ai-je osé?

Envolez-vousy forme céleste ; Mon cœur ailé vous rejoindra.

Fuyez; votre image me reste, Et mon amante, je l'atteste Devant Dieu, vous ressemblera !

Allons! il faut que j'en convienne, La blonde Grèce à genoux doit Tomber devant une Ârlésîenne f...

Jamais Déesse athénienne Ne valut votre petit doigt !

Arles, s juillet 1S65.

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