‹ Les jeunes croyancesChapitre 18 sur 35 · LE LONG DE LA RIVIERE · texte numérisé non relu

LE LONG DE LA RIVIERE

Le Gapeau chantait une chaiisoil folle De joie et d'amours ; Son onde tordait sut Parène molle Mille et un détours;

Et moi j'allais, triste, avec Tâme pleine

De papillons noirs ; J'avais promené du val à la plaine

De vieux désespoirs.

Je songeais à tout ce qui fait de Pombre :

A la nuit, au sort ; Je ne voyais plus que du côté sombre

La vie et la mort ;

Et, trouvant enfin ennuyeux de vivre

Comme de mourir, Regardant le monde ainsi qu'un vieux livre

Qu'on est las d'ouvrir,

Tout me semblait laid, l'ortie et la fo^e, L'astre et le flambeau...

Soudain je vousids : ô métamorphose !

Tout redevint beau.

Vous étiez ensemble une fleur qui brille,

Un souffle embaumé; J'étais une autre âme, ô ma jeune fille,

Car j'avais aimé!

Le long de la rivière.

Votre pied siÛTait sur l'arène molle Mille et un détours,

Et moi j'entonnais une chanson folle De joie et d'amours !

Le printemps me plaît... J'erre avec délices Dans les champs joyeux, avec les moineaux ; Je contemple tout : les riches calices, Les insectes d*or et les foins nouveaux.

Ninetta là-bas relève sa robe.

Et, pour passer Teau, montre son bas blanc :

Par le sang du Christ ! l'homme, roi du globe, Devant ce pied-là se sent tout tremblant !

Le Printemps me plaît.

Le printemps me plaît... Je dis des foliesl Je suis sérieux, à la fois, et gai.

D'azur et de miel les fleurs sont emplies :

Pour suivre Nina j'ai passé le gué.

Bonjour, Ninetta ! j'éprouve en mon âme, Dieu me le pardonne! un trouble connu...

Viens, repasse l'onde en mes bras, ô femme Ou livre au ruisseau ton joli pied nu!

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