LE LONG DE LA RIVIERE
Le Gapeau chantait une chaiisoil folle De joie et d'amours ; Son onde tordait sut Parène molle Mille et un détours;
Et moi j'allais, triste, avec Tâme pleine
De papillons noirs ; J'avais promené du val à la plaine
De vieux désespoirs.
Je songeais à tout ce qui fait de Pombre :
A la nuit, au sort ; Je ne voyais plus que du côté sombre
La vie et la mort ;
Et, trouvant enfin ennuyeux de vivre
Comme de mourir, Regardant le monde ainsi qu'un vieux livre
Qu'on est las d'ouvrir,
Tout me semblait laid, l'ortie et la fo^e, L'astre et le flambeau...
Soudain je vousids : ô métamorphose !
Tout redevint beau.
Vous étiez ensemble une fleur qui brille,
Un souffle embaumé; J'étais une autre âme, ô ma jeune fille,
Car j'avais aimé!
Le long de la rivière.
Votre pied siÛTait sur l'arène molle Mille et un détours,
Et moi j'entonnais une chanson folle De joie et d'amours !
Le printemps me plaît... J'erre avec délices Dans les champs joyeux, avec les moineaux ; Je contemple tout : les riches calices, Les insectes d*or et les foins nouveaux.
Ninetta là-bas relève sa robe.
Et, pour passer Teau, montre son bas blanc :
Par le sang du Christ ! l'homme, roi du globe, Devant ce pied-là se sent tout tremblant !
Le Printemps me plaît.
Le printemps me plaît... Je dis des foliesl Je suis sérieux, à la fois, et gai.
D'azur et de miel les fleurs sont emplies :
Pour suivre Nina j'ai passé le gué.
Bonjour, Ninetta ! j'éprouve en mon âme, Dieu me le pardonne! un trouble connu...
Viens, repasse l'onde en mes bras, ô femme Ou livre au ruisseau ton joli pied nu!