STANCES
Si ta colère un soir, égorge dans ta vie Quelque cygne dormant sur l'eau des jours passé? Prends garde de revoir sur ta main avilie Le sang pur que la nuit n'aura pas effacé.
Ne trouble plus l'eau calme où se voit et se songe, Nue entre les roseaux et dans l'onde sans pli, Au reflet qui la double encore et la prolonge L'Heure à jamais vivante au lac noir de l oubli.
Le cygne impatient, pris à l'herbe des rives, Qui s'entrave, se plaint, s'acharne et se débat. Fut peut-être, jadis, lui dont l'aile est captive, L'essor miraculeux qu'on admire d'en bas ;
Le roseau qui fut vert et jaunit dans la boue Et qui courbe sa tige où l'Avril a chanté Gémit au vent qui passe et où déjà s'enroue L'Hiver mélancolique en peine de l'Eté.
POICMKS DIVERS
Supporte au vieux miroir en larujes de la vie
Ce qui vient s'y mirer silencieusement,
(^lar chacun d'être double en un autre s'oublie
Vit l'Ombre, hélas ! dit vrai à l'homme qui lui ment.
rS JEUX KCSTIQUES KT DIVINS