‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 28 sur 117 · MÉDAILLON PASTORAL · texte numérisé non relu

MÉDAILLON PASTORAL

Le vent las a donné ses flûtes aux fontaines

Qui chantent doucement parmi l'ombre des chênes,

Ce soir, et l'Eté las sous un hêtre s'endort;

Sa faucille d'argent avec les épis d'or

Atteste la moisson qui n'est pas achevée,

Et la lune silencieuse s'est levée,

Et, toute blanche, assise auprès des calmes eaux,

Tu cueilles sur la rive, ô Nymphe, des roseaux

Et je t'ai vue, au bord de la fontaine, l'une

Des Nymphes, toi qui sais, songeuse, vers la lune.

Pour que de l'ombre en paix naisse un jour indulgent,

Unir tes lèvres d'aube à ta flûte d'aro-ent.

Page 1