‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 4 sur 117 · LE TAUREAU · texte numérisé non relu

LE TAUREAU

Tu mènes lentement, ô grave laboureuse, Tes lourds bœufs obstinés au sillon qui se creuse Dans la terre Cretoise, ouverte au soc luisant; Les mufles ont bavé sous le frontail d'argent Et leur écume éparse évoque une autre écume... Le champ déferle au loin ses vagues, une à une, Et des oiseaux, là-bas, volent sur le sillon ; Et toi, tu songes, appuyée à l'aiguillon. Grave, lorsque le vent du soir sèche ta joue, Près du soc à tes pieds qui luit comme une proue, Tu songes, et tes bœufs meuglent vers le ciel clair, A quelque taureau blanc qui traversa la Mer !

ARKTIIVSE 21

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