‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 6 sur 117 · LA FONTAINE AUX CYPRÈS · texte numérisé non relu

LA FONTAINE AUX CYPRÈS

La Fontaine pleura longtemps dans la forêt.

0 mon âme, savais-je que tu pleurerais ?

Me voici revenu pourtant et c'est le soir;

Nulle rose ne s'enguirlande aux cônes noirs

Des cyprès qui dans l'eau mirent leurs larmes d'ombre.

La Nymphe qui chassait à travers le bois sombre

Le Cerf aux cornes d'or guetté par le Satyre

Est revenue aussi à cette onde et s'étire,

Plus lasse, et le beau cerf blessé est revenu

Boire à la vasque où je me suis un inconnu

A moi-même et j'entends mes larmes en tes larmes,

O Fontaine, et le bois funeste où nous errâmes

Fut la Vie où courait mon Désir poursuivant,

Dans la ronce rougie à notre triple sang,

La Nymphe qui chassait le Cerf aux belles cornes;

Et tes pleurs souriaient, Fontaine, à ces jeux mornes

ARETHUSE 23

Entre les cyprès noirs où n'étaient pas écloses De guirlandes, hélas! qui dédieraient leurs roses A tes eaux où le sang, hélas ! s'est mélangé De la Nymphe et du Cerf et du triste Étranger !

2't LES JEVX RLSTKJl.ES ET DIVINS

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