‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 62 sur 117 · L'AUGURE · texte numérisé non relu

L'AUGURE

J annonce à ton Destin ses heures par la bouche

De la flûte légère et du clairon farouche.

Que le laurier se tresse en couronne d'airain,

Que la Gorgone en pleurs gonfle à ton gorgerin

Son rire d'épouvante avec sa chevelure

De serpents verts taillés dans l'émeraude dure,

Que l'une de tes mains, à ta droite, balance

D'un geste lent la fleur guerrière de la lance.

Que ta sandale chausse à ton pied meurtrier

La semelle de cuir du jeune chevrier

Qui garde ses troupeaux et souffle dans sa flûte.

Car la Sagesse est d'être simple et d'être auguste,

Altière dans l'aurore et douce dans le soir,

Et de répandre l'eau limpide ou le sang noir

Et de joindre la bure fruste au clair métal

Et le glaive tragique au bâton pastoral

Et de mêler^ sur le chemin des destinées,

Dans la poudre du temps où pleuvent les années

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