‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 73 sur 117 · POUR LA PORTE DES GUERRIERS · texte numérisé non relu

POUR LA PORTE DES GUERRIERS

Porte haute! ne crains point l'ombre, laisse ouvert

Ton battant d'airain dur et ton battant de fer.

On a jeté tes clefs au fond de la citerne.

Sois maudite à jamais si la peur te referme;

Et coupe, comme au fil d'un double couperet,

Le poing de toute main qui te refermerait.

Car, sous ta voûte sombre où résonnaient leurs pas,

Des hommes ont passé qui ne reculent pas.

Et la Victoire prompte et haletante encor

Marchait au milieu d'eux^ nue en ses ailes d'or,

Et les guidait du geste calme de son glaive ;

Et son ardent baiser en pourpre sur leur lèvre

Saignait, et les clairons aux roses de leurs bouches

Vibraient, rumeur de cuivre et d'abeilles farouches !

Ivre essaim de la guerre aux ruches des armures,

Allez cueillir la mort sur la fleur des chairs mûres,

Et si vous revenez vers la ville natale

Qu'on suive sur mon seuil au marbre de ses dalles,

186 I.ES JEUX RUSTIQUES ET DlVI^fS

Quand ils auront passé, Victoire, sous tes ailes, La marque d'un sang clair à leurs rouges semelles!

INi^CRIPTIONS POUR LES TREIZE PORTES DE LA VILLE 18:

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