‹ Les joies de l'heureChapitre 18 sur 32 · MUSIQUE DU VERS · texte numérisé non relu

MUSIQUE DU VERS

Le vers est sa musique à lui-même. Il n'est rien

Qui puisse l'embellir, et le musicien,

N'a que faire, malgré sa grâce ou son génie,

De noter à son tour la pensée infinie.

La musique du vers, qu'on lit ou qu'on entend,

C'est le rythme des mots qui parlent en chantant.

L'air modulé sorti de boites alarmantes

Pourrait troubler la voix des syllabes charmantes.

Pourtant il fut jadis des verbes et des sons

Qui s'accordent si bien dans nos vieilles chansons

Qu'ici l'on applaudit à cet acte physique :

Les strophes se donnant aux notes de musique.

g6 impressions et notes d'art.

A MADEMOISELLE MAURICETTE PREVOST

Mauricette, quand j'entendis

Ces mots : « Monsieur Mérat, je t'aime »,

Je crus faire un rêve, et je vis

Que j'étais aimé pour moi-même!

Fatuité, si vous voulez, Vous si mignonne et si jolie, Moi dont les charmes envolés Ne sont plus que mélancolie !

Je n'ai pas tenu tous les jours L'âme d'une femme occupée, Mauricette aux yeux de velours, Haute comme votre poupée.

Vous n'avez pas encor cinq ans, Et ce petit cœur en offrande Vaut mieux que les airs provocants D'une personne bien plus grande.

A MADEMOISELLE MAURICETTE PREVOST, 97

Rien de calculé ni d'appris ; La voix était franche, assurée :

— C'est ce qui donne tant de prix A votre flamme déclarée.

98 IMPRESSIONS ET NOTES d'aRT.

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