ACTE DEUXIÈME
ADRIEN
Vous, c'est sournoisement, avec une prudence de chacal...
MADAME LA THIBE AUDIÈRE, indignée.
Chacal!... U m'a appelée chacal!...
Elle remonte.
ANNETTE, allant à Adrien.
Je VOUS défends d'insulter ma pauvre mère !
ADRIEN
Hier je souriais pour elle, mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas.
MADAME LA THIBE AUDIÉRE, allant vers son mari.
Bijou !... Bijou !...
La Tiiibeaudière ronfle.
ADRIEN
Devant le monde, vous me pressez sur votre sein... ou sur le coton qui le remplace I
MADAME LA THIBE AUDIÈRE.
Du coton moi?... (Appelant son mari.) BijOU ! BijOU 1
La Thibeaudière ronfle.
ADRIEN
Et dès que j'ai le dos tourné, le lendemain même, de notre retour, perfidement, vous jetez de l'huile sur le feu !
ANNETTE
Ma mère a raison, monsieur !...
ADRIEN
Parbleu ! je sais bien... Les loups ne se mangent pas entre eux, ni les femmes non plus !
MADAME LA THIBE AU DIÊRE, secouant son mari. Bijou I Bijou I (La Thibeaudière ronfle de plus en plus.)
Ah ! ça, mais il ronfle comme une toupie 1
ADRIEN
Laissez-le ronfler, ce malheureux martyr I
MADAME LA THIBEAUDIÈRE.
Bijou!... Bijou!... On m'insulte.
ADRIEN
Tenez, mère de ma femme, voulez- vous mon opinion ? Vous n'êtes qu'une chipie!...
MADAME LA THIBEAUDIÈRE.
Une chipie!
ANNETTE, allant à sa mère.
Chipie, ma mèrel
ADRIEN, gagnant la gauche.
Une chipie! une chipie! une chipie!
MADAME LA THIBEAUDIÈRE.
Sortez, monsieur !
ADRIl;N, passant à droite.
La maison est à moi, c'est à vous d'en sortir!
ANNETTE
Retirons-nous dans ma chambre, maman Ij
Vous n'êtes qu'un paltoquet, entendez-voasi
ADRIEN
Vos insultes me font du bien !