SCENE VII ADRIEN, seul, puis LE BARON
ADRIEN, regardant sortir madame La Thiboaudière.
Allons, allons, je crois qu'après un mois de ce régime-là !
Va s'asseoir à gauche de la table.
LE BARON, entrant par la gauche, en se tâtant le pouls. — A lui-même.
Cent dix pulsations... Vingt de plus qu'hier. J'en ferai une maladie !...
ADRIEN, se levant et allant au baron qui a gagné la droite.
Tiens, mon bon oncle!... Bonjour, mon bon oncle ! Ça va bien depuis tout à l'heure, mon bon oncle ?
LE BARON
Il ose encore m'appeler son bon oncle ?
ADRIEN
Et pourquoi n'oserais-je plus vous appeler mon bon oncle, mon bon oncle ?
LE BA.RON
Il le demande?... D'abord tu vas me faire le plai sir de me rembourser tes dettes que j'ai payées...
ADRIEN
Ah ! Elle est bonne !...
Et la dot que je t'ai faite I...
ADRIEN-
Elle n'a pas cessé de plaire I
LE BARON
Tu refuses ?
ADRIEN
Puisqu'elle n'a pas oessé de plaire, voyons!
LE BARON
Et si je te déshéritais?
ADRIEN
Oh ! ça m'est égal, je ne ne suis pas un homme d'argent,... je suis un modeste, moi ! J'ai assez de mes quinze mille livres de rentes qui ne doivent rien à personne...
LE BARON
A personne?... Eh bien, et à moi?
ADRIEN
D'autant plus que jadis, je n'espérais même pas avoir un sou de vous !... Je me disais : C'est un homme à femmes... il se laissera dindonner toute sa vie sur un tas de grues qui finiront par le laisser parla paille... Ça ne vous fâche pas, au moins, ce que je vous dis là?