SCENE VIIÏ
LE BARON, seul, puis THÉODULE, puis ANGÈLE.
LE BARON, le regardant sortir et s'assej'ant sur le canapé.
Et en voilà pour cinq cent mille francs!... Un million de pièces de dix sous ! Eh bien, es-tu content, maintenant, triple crétin?... Tu l'as, ce foyer que tu réclamais pour tes vieux jours, ce foyer qui ne respecte même pas tes vieilles nuits ! Et tu faisais le malin, encore I Tu te disais « je suis un oncle millionnaire, on me mettra dans du coton pour mes écus ! » Et tu tombes sur un neveu qui ne convoite même pas ton héritage... Ah ! vrai, je n'ai pas de chance! Et il prétend que je n'ai jamais pu être
aimé pou" moi-même!... (a Théodule, qui entre par le
ond.) Qu'y a-t-il, Théodule ?
Mademoiselle Pinteau demande si M. le baron peut la recevoir.
LE BARON, à part
Gégèle 1 (Haut.) Gomment donc ! Fais entrer ! (xhéoduie sort.) Bonne Gégèle ! Au moins^ avec elle, je pouvais dormir, jamais elle ne songeait à me réveiller !
ANGÈLE, entrant par le fond, Tata dans les bras et un petit sac à la .main.
Bonjour, bon ami !
LE BARON
Gégèle!.,. Ma petite Gégèle!
ANGÈLE
C'est moi encore!... Moi qui ne comptais plus te revoir. Je ne te dérange pas, dis?
LE BARON
Me déranger, toi?
ANGÈLE, s'adressant à Tata.
Allons, Tata, veux-tu bien rester tranquille... Elle ne comptait plus te revoir, elle non plus... Alors, la joie... Elle remue sa petite queue, la chérie I
LE BARON, prenant la chienne et passant à gauche.
C'est vrai !... Bonjour, Tata!
ANGÈLE
Ça vous a du cœur comme unegrande personne!.,. Tu le souviens, autrefois, quand tu arrivais chez sa mémère, ce qu'elle gambadait en faisant : « ouah ! ouah ! ouah! » et quand tu étais parti, elle avait l'air de penser à toi...