‹ Les jolies actrices de ParisChapitre 29 sur 42 · JUDITH F E 11 R E \' R A · texte numérisé non relu

JUDITH F E 11 R E \' R A

— CHATELET

On peut lire dans la Presse, sous la signature de Théophile Gautier :

« La petite Ferreyra a les yeux vifs^ un aplomb vieillot, une voix aigrelette et surannée... Quel intérêt, à douze ans, y a-t-il à en paraître seize? «

Ceci est en date du 20 janvier i85i.

Depuis, la petite Ferreyra agrandi — et ses yeux aussi — des yeux qui menacent de faire tout le tour de la tête.

L'aplomb est resté le même.

La voix n"a pas changé.

Mais je gage que mademoiselle Ferreyra, qui, lorsqu'elle n'avait que douze ans, tenait à en paraître seize, 1. 7

voudrait bien n'en paraitre que douze, aujourd'hui qu'elle en a vingt-six.

Nonobstant, cette Judith a fait perdre la tête à plus d'un Holopherne, — quoiqu'elle ne la leur ait pas coupée.

On Ta vue successivement au Gymnase, à la Porle- Saint-Martin, aux Variétés. Elle est aujourd'hui au Cirque; demain^ elle sera à l'Ambigu. C'est pendant qu'elle était pensionnaire de M. Hostein que lui est advenue l'aventure suivante :

Elle avait, alors, pour protecteur le prince D... que sa camarade P..., du Vaudeville, vient de lui enlever.

Un Jour qu'elle prenait un bain, Colbrun arrive chez elle.

— Tiens! s'écrie-t-il, j'ai bien envie de profiter de l'occasion : il y a longtemps que je n'ai fait une pleine eau.

— Ne te gêne pas, mon petit, répond Judith.

Et elle sort de l'onde, — comme Vénus, — mais avec un peignoir en plus.

Colbrun procède à sa toilette de natation; puis, il se plonge dans la baignoire et se joue dans les flots parfumés...

Drin ! drin !.,.

La sonnette se convulsionne. La soubrette accourt, effarée :

— C'est le prince!

On cache notre comique dans un cabinet.

La baignoire reste vide.

Le prince entre : il est maussade et soupçonneux.

— Qu'avez-vous donc, cher prince? demande l'actrice; vous avez l'air tout encharibotté.

JIDITH I KRREVRA I I I

— Il pleut; je suis venu à pied de mon Cercle; je crains bien d'être enrhumé.

— N'est-ce que cela? j'ai là un bon bain chaud où j'allais me mettre; entrez-y bien vite. On vous bassinera un lit, et avec une infusion de mauve...

— Vous ctcs charmante !

Tandis que le protecteur s'immerge, Judith court faire évader son camarade.

Mais il pleut à verse, et l'artiste n'a pas de pardessus.

Il n'y a dans la maison que la pelisse du prince.

— Endosse et sauve-toi! s'écrie la comédienne. Mais renvoie le vêtement demain de bonne heure.

Colbrun se fourre dans la pelisse; on ne le voit plus dans l'astrakan ; il est si enchanté de pouvoir être pris pour un boyard en o^" qu'il se promène sur le boulevard tout le temps que dure la pluie, — et la pluie dure jusqu'à deux heures du matin.

Le lendemain, le prince fit observer à Judith que sa pelisse était bien mouillée :

■ — Oh 1 riposta l'actrice, vous êtes resté si longtemps au bain hier soir!

moïse

THfc;ATl<E-r)t:jAZET

Quand je vois mademoiselle Moïse, je crois toujours qu'elle va m'otîrir: — l'Entracte, programme des spectacles, avec le nombre des tableaux et le nom des artistes qui jouent dans la pièce!... Demande^ lk Figaro-Programmlc, l'Europe-Artiste, l'Orchestre!... Demande:{ le portrait de mademoiselle Schneider vecla ronde de Lan/la Lantourelou Ranjlal...

C'est effrayant comme mademoiselle Moïse ressemble à un vieu.K marchand d'imprimés dont le type israelite est bien connu sous les galeries du Palais- Royal.

Mademoiselle Moïse, qui a commencé aux DelassementSj appartient actuellement au Théâtre- Dejazet.

Elle est petite et point mal tournée; elle a les cheveux châtain-clair, le nez légèrement en bec de corbin ,

la bouche très-engageante, et une sœur danseuse au Cirque. Malheureusement elle chausserait les bottes de M. Latouche ajoutées à celles de Donato. Or, ce pauvre Colbrun, dont nous parlions tout à Theure, affirmait qu'avec les bottes de Latouche, mises au bout de celles de Donato, il passerait la Seine à pied sec !

XXX\IIl

— P A L Al s - R o Y A L —

N'a rien de commua avec son homonyme de Vaucouleurs. — Très-maigre, quoique paraissant grasse suffisamment.

Se donne beaucoup de mouvement en scène : — et l'on parle du stock des colons !

— Le petit C... se ruine pour elle, disait-on au foyer du théâtre.

— Pardieu! repondit G... ses moyens lui permettent de manger dans de la vaisselle plate.

SUZANNE LAGI E R

ATHENEE —

EXTRAIT DE BAPTEME

Gavroche et Navet lèchent les affiches des yeux.,

— Tiens! Lagier qui s'appelle Suzanne !...

— Parbleu ! Dejazet s'appelle bien Virginie !

Page 1