I.lOONIDi: r.KIU.ANT: I I
Bref, en revenant à Paris, le jeune homme n'avait pas conscience J 'a voir lusse sa maîtresse seule une minute...
Excepte un soir — au théâtre — qu'elle avait saigné du nez pendant un entr'acte.
Or, quand une femme saigne du nez, c'est qu'elle a une raison pour cela.
Voici ce qui s'était passé :
Le petit ange avait remarqué un jeune Bordelais d'une grande beauté. Elle lui avait fait signe qu'elle allait saigner du nez. Lui, était accouru dans le corridor, et l'ingcnue, passant une bague au doigt du jeune homme, lui avait dit:
— Je ne puis vous parler ici... O.i m'épie... Mais voici une bague de c\n.\ mille francs, venez nie la rapportera Paris, rue..., numéro...!
L'amant ne tarda pas à connaître Thistoire, et voulant faire comprendre au petit ange qu'il savait tout, il commença ainsi sa narration :
K II y avait autrefois un tvran qui jouissait d'un bonheur insolent, à ce point qu'il résolut d'aller luimême au-devant du malhcurafm de conjurer les coups du destin par un sacritice volontaire.
» Ce tyran avait une bague à laquelle il tenait beaucoup. »
(Ici, le petit ange se remua d'un air inquiet.)
Cl ... Il prit cette bague et la jeta à la mer.
« Mais le soir on servait sur sa table un poisson...
)) Et dans le ventre du "poisson on retrouva la bague. »
— Ah ! fit l'ingénue.
— La différence qu'il y a^ continua le jeune homme, entre le poisson du tyran et le monsieur de Bordeaux, c'est que le poisson était cuit !
(SMof'alité.
Le mérite de cette histoire, c'est qu'elle ne renferme pas un seul mot de mon invention.
Tout Paris connaît la jeune fille, depuis le prince de X... jusqu'au machiniste R...
— Avec une gifle... un ange !
Avec un coup de pied... une sainte!