ROQUELAURE
Un autre familier du Roi, Roquelaure,
écoutait des doléances causées par une gastrite.
« Y conçois-tu rien? disait Henri IV.
Au temps où tout était r^pi contre moi, je mangeais de bon appétit. Maintenante je n'ai plus rien à souhaiter^ et mon estomac me fait faute.
— La chose me surprend peu, répond l^oquQlaure».. Au temps dont vous parlez, le pape n'était point votre ami... & un excommunié a un appétit du diable. »
Roquelaure ne ménageait personne dans ses à propos.
lUnant un jour chez la duchesse de Bouillon, il fourre ses doigts dans la salière.
La duchesse s*indigne de ce manque de convenance, elle reprend la salière et feint de s'apercevoir pour la première fois du dégât causé par les doigts de son convive.
« Oh ! dit-elle tout haut, voici la passée d'yne grande béte. »
L'allusion était facile à saisir, même pour
ceux des assistants qui ne possédaient pas leur vocabulaire de -vénerie. Mais à chasse-
resse chasseur et demi ! — Roquelaure réplique en la même langue :
« La bonne cagne! Elle a le sentiment bon ! • (La bonne chienne ! Elle a bon flair !)
Quelle' idée singulière ces deux mots donnent de H grande société d'alors !