‹ Les joueurs de motsChapitre 14 sur 93 · ROQUELAURE · texte numérisé non relu

ROQUELAURE

Un autre familier du Roi, Roquelaure,

écoutait des doléances causées par une gastrite.

« Y conçois-tu rien? disait Henri IV.

Au temps où tout était r^pi contre moi, je mangeais de bon appétit. Maintenante je n'ai plus rien à souhaiter^ et mon estomac me fait faute.

— La chose me surprend peu, répond l^oquQlaure».. Au temps dont vous parlez, le pape n'était point votre ami... & un excommunié a un appétit du diable. »

Roquelaure ne ménageait personne dans ses à propos.

lUnant un jour chez la duchesse de Bouillon, il fourre ses doigts dans la salière.

La duchesse s*indigne de ce manque de convenance, elle reprend la salière et feint de s'apercevoir pour la première fois du dégât causé par les doigts de son convive.

« Oh ! dit-elle tout haut, voici la passée d'yne grande béte. »

L'allusion était facile à saisir, même pour

ceux des assistants qui ne possédaient pas leur vocabulaire de -vénerie. Mais à chasse-

resse chasseur et demi ! — Roquelaure réplique en la même langue :

« La bonne cagne! Elle a le sentiment bon ! • (La bonne chienne ! Elle a bon flair !)

Quelle' idée singulière ces deux mots donnent de H grande société d'alors !

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