UN MAIRE
En 1857, on inaugurait un chemin de fer mettant Besançon en communication avec la Suisse. Chaque pays' avait là ses. représentants. C'était d'un côté, Tavoyer du canton de Vaud avec deux échevins; de l'autre le maire & deux conseillers municipaux de Besançon.
La fête ne pouvait se passer de discours.
Dans une harangue chargée de souvenirs historiques, Tavoyer évoque l'ancienne amitié des Helvètes & des Bisontins.
Le maire de Besançon, Convers, remarque dans l'assistance un certain froid auquel il coupe court par cette joyeuse réplique :
« Il existe encore, le lien dont vous avez parlé, Monsieur l'avoyer. Aujourd'hui comme jadis, il règne entre nous Sl nos
bons voisins du pays de Vaud une touchante conformité. Mêmes habitudes laborieuses, mêmes allures, même exle'rieur... Et tenez!
nous voici trois Francs-Comtois, n*avonsfious pas tfoJs têtes de veau? «
Et touchant son crâne dépouillé, il îndîe|ue les têtes chauves de ses compagnons.
Inutile de demander si on. se mil à fii*e, en dépit de la solennité. Jusqtf*à sa mort, Convers se plut à rappeler cet à-propos dont il était fier.