BAYARD
Charles-Quint fait sommer la garnison de Me'zières. Mais c'est Bayard qui commande, & le parlementaire de l'Empereur rapporte cette réponse ;
« Le bayard de France ne craint pas le roussin d'Allemagne. »
Pour bien comprendre, il faut se rappeler qu'autrefois, on, appelait bayard un cheval bai-brun, & roussin un alezan. Pensons
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ensuite à la couleur de la barbe de Charles- Quifvt, qui tirait sur le roux, & ce fier calembour aura reconquis ses beautés primitives.
En jouant ainsi sur son nom, le chevalier sans peur & sans reproche ne se permettait qu'une allusion populaire. Les Espagnols, qui connaissaient sa bravoure & qui affectaient de mépriser les troupes suisses & grisonnes au service de François !«', faisaient alors courir ce dicton :
c< En France, il y a beaucoup de grisons, mais peu de bayards. »
Historiette rapportée pour la première fois par Gilles Corrozet , un anecdotier du seizième siècle.