‹ Les joyeuses commères de Windsor operacomique en trois actesChapitre 16 sur 75 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MADAME FORD, MADAME PAGE, pois JENNY.

MADAME PAGE, entrant rivement.

Eh bien, loul esl-il prêt.?

MADAME FORD

J’ai fait la leçon à mes gons ; ils entreront au premier signe, et Jenny se chargera de mener à bien le reste de l’aventure. C’est une lille adroite et inlelligento qui nous aidera à berner comme il faut notre gros chevalier; avez-vous fait tenir à M. Ford le * petit , billet dont nous étions convenus.

MADAME PAGE

Oui ; il doit se déchaîner à l'heure qu'il est contre toute la race des filles d’Eve; mais ne craignez-vous pas que cela n’amène quelque scandale, et n’est-ce pas pousser la plaisanterie un peu loin.

MADAME FORD

Bon! si monsieur Ford fait du scandale, toute la honte en retombera sur lui, et cela le guérira peut-être de son éternelle jalousie. N’est-ce pas eu tout bien tout honneur que nous donnons nos rendez-vous, et ne peut-on être à la fois vertueuse épouse et joyeuse commère 1

MADAME PAGE

■Vous avez raison; reste à savoir si le chevalier viendra.

MADAME FORD

N’en doutez pas!., le répit que lui demande votre amour lui donne tout te temps de se consacrer au mien, et sir John est trop content de lui-même pour ne pas se prendre à l’amorce grossière que nous lui avons oflerte.

MADAME PAGE

P Pour celui-là, voisine, sa punition n’égalera jamais son impertinence.

MADAME FORD

Tenez, je gage que c’est lui qu’on vient m’annoncer 1

(jenny entre par nne des portes latérales.

JENNY

Voici le chevalier, madame. Il atlcnd à la petite porte de la rue.

MADAME FORD

BienI fais le monter, et reste à portée de la voix.

JENNY

Soyez tranquille, madame, je sais ce que j’ai à faire.

MADAME FORD

Vous, madame Page, tenez-vous aux aguets et ne manquez pas de m’avertir à ta première alerte.

MADAME PAGE

Ne craignez rien !... M. Ford est homme à s’annoncer

lui -même, (elle sort par la porte du fond.)

Maintenant VOUS pouvez venir, sir John I nous vous apprendrons à distinguer les geais des tourterelles : c’est luil

(Jenny introduit Palstaff et se retire).

Page 1