SCÈNE IV
PAGE, NIGAUDIN, CAIUS.
PAGE
Vous voyez où vous a entraîné votre intempérance, NigaudinI
NlGAüDIN.
Comment! vous croyez à la parole de ces coquins-là !...
PAGE
Oui ou non, vous êtes-vous grisé?
NIGAUDIN.
Oui, mais...
PAGE
Cela suffit!... que vous ayez perdu votre bourse, on ne vous le conteste pas, mais qu’elle vous ai été volée, là est le nœud de la question, quœstionis caput, c’est-à-dire... quœstionis caput.
CAIUS
C’est évident I
NIGAUDIN.
Soit! mais je jure bien de ne plus jamais me griser qu’avec d’bonnétes gens et non avec des ivrognes. ‘
PAGE
Voilà un sentiment moral, un sentiment que j’aime à trouver chez mon gendre.
CAICS.
Ohl il ne l’est pas encore!...
Je sais que madame Page est dans vos intérêts, capitaine; mais j’ai donné, moi, mon consentement à M. Nigaudinl...
NIGAUOIN.
Oui...
PAGE
M. Nigaudin a trois cents livres de revenu, et trois cents livres de revenu sont quelque chose.
NIGAUDIN.
Oui.
PAGE
Je ne veux pas contrarier ma femme; c’est une bonne emme; mais je veux que ma fille épuuse M. Nigaudinl
NIGAUDIN.
Oui. ;
PAGE
El si elle ne l’épouse pas, ce ne sera pas ma faute.
NIGAUDIN.
Voilà!...
CAIUS
Je commen''erai donc par couper M. Nigaudin en quatre, monsieur Pagel
NIGAUDIN.
En quatre!...
CAIUS
Comme une pomme!
PAGE
Vous allez peut-être un peu loin, capitaine!
CAIUS
Non! sur mon âme! en quatre!
PAGE
Cela serait un empêchement dirimant au mariage, Nigaudin I...
NIGAUDIN.
Diable! mais...