PRESCRIPTION DE SOMNAMBULE
J'ai reçu, dit A. Latour dans V Union médicale, la lettre suivante, que je m'empresse de publier pour l'édification du public, relativement à la médecine des somnambules :
Monsieur le Rédacteur,
A propos de prescriptions de somnambules, en voici une qui mérite d'être signalée, moins encore pour son originalité que pour le danger de son administration :
prenez :
Au cimetière Montmartre (sic)
Un morceau d'os de la jambe, enveloppez dans une chaussette portée pendant une semaine, plongez le tout dans un litre d'eau, faites bouillir pendant une heure.
Le malade devra boire cette tisane dans l'espace d'un jour.
La mère du jeune homme auquel était destiné cet affreux breuvage, vint me consulter pour avoir mon avis sur l'innocuité de cette boisson.
Voilà, au centre même de Paris, un nouvel exemple du crédit que la faiblesse humaine est susceptible d'accorder au charlatanisme le plus extravagant.
Votre tout dévoué confrère,
Josat, D.-M.-P.
« Paris, $ août 1853. »
DUELLISTE MOURANT Un duelliste renommé mourait de maladie.
dans son lit, comme le pins vulgaire des mortels.
Il interpelle son médecin.
« Je suis bien bas, lui dit-il -, répondez-moi franchement; pensez-vous que je puisse m'en tirer? »
Le médecin secoue la tête en signe de doute.
Alors le malade se dressant sur son séant :
« Une épée! crie-t-il; une épée!
— Calmez-vous ! fait le docteur effrayé. »
Il connaît les antécédents du moribond et ne tient pas à être sa dernière victime.
s Une épée ! répète celui-ci.
— Mais enfin que voulez-vous en faire?
Docteur, un homme comme moi doit mourir les armes à la main ! »
Colombey.
(Les originaux de la dernière heure.)