LES IVROGNES
J'aime les gais propos, la folie après boire, Et quand j'entends chanter, à la fin d'un banquet, La mère Godichon ou la mère Grégoire, J'aime à faire chorus après chaque couplet.
Mais quand je vois passer de ces immondes trognes, Titubant en marchant, roulant sur le chemin, Je trouve que c'est peu de les traiter d'ivrognes. Ces êtres dégradés, pour moi, n'ont rien d'humain.
De hoquets écœurants ils ont la bouche pleine ; Leur passage partout fait naître le dégoût. Ils n'ont plus rien de l'homme et de l'espèce humaine. C'est la honte ici-bas, c'est le fond de l'égout.
Sévissez franchement contre l'ivrognerie,
Contre tous ceux qu'on voit rouler dans les ruisseaux.
Qu'on construise pour eux une léproserie.
Et qu'on mette au fronton : « Hospice des pourceaux. *