FRANÇOIS VILLON A LA COUR D'ANGLETERRE
P.ir le roi d'Angleterre, Edouard cinq, Villon Fut reçu quand il eut été banni de Fr.ince. Il avait échappé deux fois à la potence. Ceci, vous le voyez, n'annonçait rien de bon. Il était débauché, maraudeur, grand ivrogne, lit pourtant Edouard du bandit sans vergogne Fit son inséparable et joyeux compagnon.
Pouiquoi? C'est que Trançois Viiloii cuii poctc ; Ce titre seul couvrait d'un inaiiteau prutccicur r^s vices peu cachés de l'impudent auteur. Est-ce de notre temps qu'un roi lui ferait fêler...
Villon suivait le roi partout, même au prive;
Or, un jour qu'Kdouard s'y trouvait ci} posture,
Iji re;;ard v:i;;Ui;nieut vers le plafond Igvc,
Il indiqua du doigt à Villon la puiniurc
Ues armes de la France, en lui disant : — Tu vois
Le grand cas que j'en fais ; c'est là leur place unique.
— Vous êtes, sacrebku ! le plus sage des rois, Et votre médecin n'est pas une bourrique I Le finaud vous connaît à ce point constipé, Q.u'il vous faut chaque jour prendre un apothicaire (La langue m'a fourché : je veux dire un clystére); Et c'est sans doute lui qui, de cela frappé. Vous a fait mettre ici les armes de mon maître. Afin qu'à leur aspect, la peur qu'elles font naître. En votre esprit troublé, vous servit à l'insiaut D'un puissant laxatif. Elles ne sauraient être Autre part, ou sinon, vous et tous vos valets, D'épouvante saisis en les voyant paraître, Eu uu retrait puant changeriez le palais !
Frère Jean.
RAISON El' FOLIE
— Maître, disait un jour à Esquirol un de ses disciples, tndique\-inoi un crilirium sur pour dislingucr la limite gui sépare la raison de la folie.
Le lendemain, le maître réunissait à la même table son disciple et deux personnages; l'un,
correct jusqu'à la perfection dans sa tenue et Si-in langage, — l'autre exubérant, plein de luimême et de son avenir. En prenant congé, le disciple lappela au maître le critérium qu'il lui avait demandé la veille.
— Prononcex vous-même, lui dit Esquirol, vous venex^ de dîner avec un fou et avec un sage.
— Oh! le problème n'est pas difficile; le sage c'est cet homme si distingué, si accompli ; quant à Vautre, quel étourdi! quel casse-tête! Il est vraiment à enfermer.
— Eh bien! lui dit Esquirol, vous êtes dans l'erreur; celui que vous prenei pour un sage se croit Dieu le père; il met dans son altitude la réserve et la dignité qui conviennent à son rôle: c'est un t)ensionnàire de Cliarenton. Quant au jeune homme que vous prene\ pour un fou, vous pouvci saluer en lui l'une des gloires de la littérature française : c'est M. Honoré de Balzac.
(France médicale.)
UN INCURABLE (i)
Quand l'ivrogne Martin fut vieux.
Le médecin qui le conseille Lui dit un remède à l'oreille, Pour guérir le mal de ses yeux :
(i) Cette épigramme est citée en note, uns signature, duu les œuvres de C. Marot, tome II, page 465. Elle présente une grande analogie avec le Cure hcr^nt^ de Grécourt, cl le Curi
« Mon pauvre compère Martin, « Ta maladie m'est connue; n Tu n'auras tantôt plus de vue, n Si tu bois encore du vin. »
Lors, Martin, fermant ses paupières, « Adieu, dit-il, adieu lumière; n Le bon Martin n'a que trop vu, <i Et n'a pas encore assez bu.
« Aveugle, je ferai connaître
« Cette véritable leçon,
« Qu'il n'importe de la fenêtre,
« Pourvu qu'on sauve la maison. »
NOUVELLES A LA MAIN
Le docteur GalIarJ, dans sa visite d'hôpital, s'arrête au lit d'un alcoolique et fait remarquer à ses élèves la couperose qui enlumine et bourgeonne le nez de ce malade, puis il ajoute en s'éloignant : « Voilà le résultat des excès de petit bleu, s
— Est-il bête, dit le malade ;i son voisin de lit, je ne bois que du vin blanc!
Un avocat plaidait contre un dentiste :
— Messieurs, dit-il en commençant, il me
incorrigible, de J.-B. Rousseau, que nous avons publiés dans les Antcdaits mtdicaïtSf page 1 19.
sera facile dc- résumer les débats. On devait nous mettre pour cinq cents francs de deuls, et on nous a mis dedans pour cinq cents francs; voilà toute la cause.
— Oui, mon cher, disait un émule de Calino, j'ai trouvé à Étampes un excellent dentiste, qui m'a arraché, pour trois francs, une dent qui me faisait souffrir le martyre. Et, ma foi, c'était si bon marché... que je m'en suis fait arracher deux!
Réclame découpée à la quatrième page d'un journal :
« UN PRÊTRE a inventé un remède d'une efficacité parfaite et d'un emploi facile et insensible, guérissant tous les cors aux pieds. — Envoyer 3 francs en timbres-poste à M. X..., on recevra de suite avec instruction détaillée... i
Jusqu'à présent, le clergé s'était posé comme le médecin des âmes. Il parait que ça ne lui suffit plus, et qu'il veut être encore le médecin des cors.
Un jour, le docteur Laborie, médecin de l'Opéra, est chargé d'aller constater une indisposition grave d'une demoiselle du corps de
ballet, qui avait plus de protecteurs et de prétention que de talent.
11 la trouve cmmitûufFlée au coin du feu, et d'un ton sentimental :
« Docteur, lui dit-elle, je suis bien malade ; je viens d'avoir la douleur de perdre ma pauvre grand'nière, et ce coup cruel... »
L'imprudente oubli lit que, siî: mois avant, elle avait déjà usé du même prétexte en des circonstances semblables. Le docteur Laborie cependant l'avait écoutée sans s'émouvoir, et d'un ton parfaitement candide :
« Pardon, mais il me semble que vous avez déji eu bien souvent le malheur de perdre cette vénérable parente.
— Non, docteur, pa.s souvent, fit-elle emportée par la situation, ce n'est que la seconde fois. » P. Véron.
— J'ai visité hier la maison du docteur Liiys.
— Et il y a toujours beaucoup de monde ?
— Oh! un monde fou!
Depuis l'apparition de la comète, Timoléon BoUard s'est pris d'une belle passion pour l'astronomie.
Plongé dans une cosmographie, il lit la phrase suivante ;
« Lts opticiens disent avec raison que les lentilles grossissent les objets. »
— ■ Le fait est, s'exclama Timoléon, que, depuis que j'en ai beaucoup mangé, j'ai le ventre comme un tonneau. (Courrier du soir.)
Après une bataille, un fossoyeur enterrait les morts.
— Mais, malheureux, lui dit un des officiers qui surveillaient cette sinistre besogne, tu viens de pousser dans la fosse un homme qui respirait encore I
— Ah ! monsieur, répliqua le fossoyeur, on voit bien que vous n'avez pas, comme moi, l'habitude... Si on les écoutait, il n'y en aurait jamais un de mort. A. Villemot.