TENDRE CARESSE
Elle avait les yeux Comme l'azur des deux Et le regard limpide; Dorés, ses cheveux, Comme les blés soyeux; Son front candide Du lis avait l'éclat.
Et ses lèvres l'incarnat Du bouton de rose . .
Enfin, c'est bien le portrait Le plus beau qu'on ferait En poésie ou même en prose.
Il était beau, grand, bien fait.
Rien qu'à le voir on sentait Pour lui beaucoup de sympathie.
Il était doux, fort et bon.
Elle avait nom: Marie, Et lui s'appelait: Léon.
Ils s'aimaient d'un amoiu* tendre, Mais Léon se faisait attendre
Dans sa déclaration,
Car le cher garçon Près de Marie était timide.
Un jour la fillette candide Lui dit: — Je sais bien, Léon, Que ton amour est extrême Pour moi! Moi, je t'aime de même.
Mais je ne puis pourtant pas Me jeter dans tes bras, Et tu ne m'a pas faite Même le jour de ma fête, Cadeau d'un petit baiser!
De tout ceci^que fallait-il penser?
Sur le champ, Léon presse Marie entre ses bras.
Elle soupire bas.
Si forte fut la caresse:
— Jamais aucun garçon, Ne m'as serrée ainsi, Léon!