‹ Les Juifs dans le moyen âge Elektronische DatenChapitre 13 sur 34 · JO · texte numérisé non relu

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Thalmud par cœur. Cinq cents élèves fréquentaient ses leçons, et on comptait jusqu’à mille étudiants qui s’instruisaient tant auprès de lui qu’auprès d’autres maîtres de cette académie. La fille de Samuel Lévi, instruite par son père, professait aussi à Bagdad ; mais, comme les femmes dans ce pays ne se montraient pas en public, elle se tenait, en faisant ses cours, derrière une jalousie pratiquée dans le haut d'une salle ou enceinte.

Le chef de l’académie de Bagdad, étant en même temps le premier magistrat des juifs de l’Assyrie, de la Perse , de la Médie et de la Mésopotamie , avait à ses ordres une espèce de garde , il nommait les principaux rabbins et juges de ces provinces. Cependant il avait audessus de lui un chef de la captivité, la plus grande dignité israélife qu’il y eût alors dans l’Orient. Tous les juifs lui payaient par année une pièce d'or comme tribut personnel.

Pétachia visita ensuite le tombeau d'Êzéchiel, dans le désert, à une journée et demie de Bagdad, où la fête des tabernacles attirait tous les ans soixante à quatre-vingt mille juifs , qui célébraient la mémoire des jours glorieux de leurs ancêtres. Trente lampes brûlaient nuit et jour autour de ce tombeau, orné de vases et de tapisseries, où l’on déposait, comme dons un lieu sûr, les trésors des particuliers. Deux cents gardiens le surveillaient , et recevaient les offrandes des pieux. Cet argent servait à défrayer la synagogue, à doter les orphelins, et à entretenir les étudiants pauvres.

La ville de Nabardeasur l’Euphrate, quoique ruinée en grande partie, avait encore une synagogue ; à Hillah , sur le même fleuve , les juifs visitaient pieusement le tombeau du rabbin Meirdela Mischna , docteur célèbre qui était mort au deuxième siècle. Dans la même contrée on vénérait les tombes de Baruch, fils de Nereï et de Nahum l'Elkousien ; c’étaient les principales des cent cinquante tombes de prophètes et Amoraïs que recélait la Mésopotamie. Celui d’Esdras attirait les hommages non-seulement des juifs, mais aussi des mahométans que les Israélites du pays se plaisaient à désigner sous le nom d’Ismaélites, ou descendants d’Ismaël, pour indiquer par un souvenir biblique leur propre supériorité religieuse sur ceux qui alors étaient leurs maîtres dons ce pays, et qui le sont restés depuis.

Suse, cette ancienne ville royale , et possédant le tombeau de Daniel, n’avait plus que deux habitants juifs.

Damas, la capitale de la Syrie, renfermait dix mille juifs, et avait

aussi une académie. Les communautés juives de la Palestine étaient peu nombreuses : Jérusalem , cette ancienne résidence des rois de la Judée, n’avait plus qu’un seul Israélite, le rabbin Abraham Hacéba ; encore était-il obligé de payer la permission d’y résider, par un tribut considérable. Il était là comme le seul reste vivant d’un peuple entier, qui jadis dans ces murs avait résisté longtemps aux armes romaines. Les Samaritains offraient encore tous les ans l’agneau pascal sur le montGarizim, auprès de la ville de Sichem, où cette secte s’est propagée jusqu’à nos jours.

J’ai passé sous silence les détails topographiques dont l’itinéraire de Pétachia est enrichi, ainsi que les miracles et traditions merveilleuses, dont tous les rabbins sont prodigues dans leurs ouvrages. La crédulité est une qualité commune aux enfants d’Israël, à ceux d’Ismaël, et, on pourrait dire, à tous les peuples qui tirent leur origine des déserts de l’Orient , où l’on s’amuse à entendre et à répéter les contes sans s'embarrasser de ce qu’ils ont de vrai.

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