‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 103 sur 125 · PARTICULARISME I · texte numérisé non relu

PARTICULARISME I

sonnages les plus haut placés dans la hiérarchie mosco* vite sont d'extraction étrangère.

Poursuivons : a Un État dans l'État! «Étrange souci, à coup sûr, chez ceux qui s'appliquent à rassembler les juifs de tous les coins de l'Empire et à les refouler en un vaste ghetto. Il est difficile de pousser plus loin la contradiction entre les craintes qu'on affiche et les actes qu'on accomplit !

Mais le particularisme? Si les juifs y montrent quelque inclination dans certains pays, c'est, avant tout, que les lois et les moeurs se liguent pour le leur imposer. Rien n'est moins particulariste que la doctrine israélite : la grande idée moderne de la fraternité universelle émane des [prophètes juifs. Que fait-on, en Russie, pour faciliter aux juifs la fusion sociale avec leurs concitoyens? Signalés au mépris par toutes les exclusions dont on les frappe, on les oblige à faire figurer lisiblement sur leurs boutiques leur prénom, celui de leur père, leur nom de famille, « afin, écrivait le général Gresser, que les passants reconnaissent immédiatement que c'est la boutique d'un juif » ('). Cela ne '.suffit point : d'après une décision du Conseil des ministres, défense formelle est faite aux juifs de donner à leurs enfants des prénoms chrétiens (*).

Il restait une cause efficace qui devait, malgré tout, amener le mélange graduel entre des hommes dont le passé diffère : la haute culture intellectuelle goûtée en commun. Au gymnase, à l'université, les pensées

(«) Circulaires du7 novembre 1890 et du 15 mars 1891. (2) Novorossiski Telegraph, 5/17 novembre 1892.

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