‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 105 sur 125 · PATRIOTISME I · texte numérisé non relu

PATRIOTISME I

résignent. En dehors des croyances religieuses, le seul Ken qu'on aperçoive entre eux, ctst la solidarité de la souffrance. Quoiqu'on leur refuse une patrie, ils sont fidèles au tsar et bons patriotes. Ils n'émigrcnt jamais qu'à contre-cœur et, avec un attachement invincible de pauvre bête fouettée, n'ont pas de plus grand dcsir que de retourner en Russie* Lors de la dernière épidémie de choléra, jeunes doctoresses et jeunes docteurs juifs se disputaient l'honneur d'être envoyés aux postes les plus dangereux; et chacun sait que dans la dernière guerre les soldats juifs ont libéralement versé leur sang jpour la Russie.

Comme les juifs aujourd'hui, les chrétiens des premiers siècles étaient en butte à tous les préjugés : on les accusait de pratiques odieuses, on les soupçonnait de former un État dans l'Etat, ils étaient représentes comme un danger pour l'Empire romain. TertuUien répondait aux anti-chrétiens — c'étaient les antisémites de l'époque — : « Nous portons les armes, nous cultivons la terre, nous trafiquons avec vous et comme vous.. Si nous n'assistons pas aux mêmes ccrémonlcs, en sommes-nous moins vos concitoyens ? »

Ces paroles ne sonnent-elles pas comme un avertisse*' ment adressé, dix-sept siècles d'avance, à la Russie orthodoxe par l'un des plus grands docteurs de TÉglise chrétienne ?

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