UNE LUEUR D ESPOIR
la Koubane et du Terek, a ordonné de procéder sans délai à l'expulsion de tous les juifs qui y restaient encore, « et cela, sans avoir égard à leur profession et au genre de métier qu'ils exercent ». Il ajoute mênne que les fonctionnaires coupables de lenteurs seront sévèrement punis n.
Dans le Caucase, comme dans la Russie propre, un ordre général, inspiré sans doute par la circulaire du ministre de Tlntérieur, est venu au printemps de Tannée 1893 renchérir sur les mesures locales. Les sept huitièmes des juifs qui y habitent — soit 1 5,000 environ — étaient menacés d'expulsion.
Pour la première fois, dans la lamentable histoire de ces trois dernières années, nous pouvons, par bonheur, enregistrer ici un revirement favorable : grâce à l'intervention du grand-duc Michel Nicolaïevitch, ancien gouverneur général du Caucase, l'expulsion des juifs, dans les gouvernements du Caucase, à l'exception du Terek et de la Koubane, a été suspendue (*).
D'autres indices, bien faibles encore, font croire qu'une réaction se produit enfin en haut lieu, amenant une certaine détente dans le système de refoulement et de compression. Est-elle motivée par les appels désespérés des israélites, ou par les protestations respectueuses des Chambres de commerce de Riga et de Libau, ou enfin, ce que l'on croirait plus volontiers, par un sentiment de pitié pour tant d'infortunes, par l'idée, souvent
(I) Ordonnance du ministre de la Guerre, dans le Kievîanine^ 21 aoùt/2 septembre 1893.
(2j Odesski Listok, 1/13 juillet 1893.