MARIAGE UNILATÉRALEMENT ANNULÉ
mirî, sî ccluî-ci ne rimite pas. Dans un ouvrage dont la publication a été autorisée en Russie. M. Orchansky a raconté comment un Juif, marié et père de deux enfants, s'étant avisé de passer à Torthodoxie pour épouser une jeune fille chrétienne, abandonna sa première femme pendant deux ans, puis, tout à coup, lui réclama son fils. La mère refusa de s'en séparer: elle fut traînée brutalement à Ostrog, sa ville natale, et jetée en prison jusqu'à ce que l'enfant eût été découvert et baptisé de force ('). Pour comble d'inconséquence, le mariage, annulé en faveur du mari converti, demeure valable à Tégard de la femme restée juive et l'empêche ainsi de trouver un autre protecteur pour elle et ses enfants (*) .
Lorsque Tun des conjoints se fait baptiser, les restrictions quant au droit de séjour disparaissent pour lui, mais elles subsistent à l'égard de l'autre conjoint. De sorte que le conjoint converti ne peut quitter le Territoire qu'en abandonnant celui qui est resté fidèle au judaïsme (3).
Comme aucune loi formelle n'autorise les juifs des catégories privilégiées à emmener leur famille avec eux, un juif établi hors du Territoire ne peut donner l'hospitalité à son père ou à sa mère, ni même recueillir les enfants de parents pauvres ou décédés, si ces enfants ne possèdent, par eux-mêmes, le droit de séjour dans toute la Russie (*). Le brevet de sage-femme assure aux juives le droit d'habiter dans tout l'Empire, et la con-
(1) S. G. Orchansky, cité dans le Blackwood's Edinburgh Maga* zine, oct. 1890.
(2) Ibici, et Code des Lois, X, Jre partie.
(3) Ibid., et Weber et Kempster, p. 44.
(A) Recueil des Lois^ 1889, no 35, § 298.
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quête de ce titre était devenue pour beaucoup d'entre elles un moyen d'échapper au Territoire : on a vu que, iidcle au système des restrictions hypocrites, le département de la police, par décision du 70 décembre 1^85, a interdit aux propres enfants de ces femmes de demeurer hors du Territoire auprès de leur mère !
Nous avons déjà fait allusion à de malheureuses femmes juives expulsijes de Kiev où habitent leurs maris, parce qu'elles avaient osé vendre un peu de lait. L'histoire mérite d*être contée*
La loi russe est très tolérante pour certains menus commerces où des ménages pauvres trouvent un léger supplément de ressources : cest ainsi que le pc^it commerce du lait n'est soumis à aucune patente. Or, le 21 janvier i8gj, le tribunal de Kiev appi:la la cause de dix Juives, prévenues d*avoir fait le commerce à Kiev sans y être autorisées : huit d'entre elles vendaient du lait, une du pain, une de la poterie. Leurs maris travaillaient à Kiev comme ouvriers. Les dix juives furent reconnues coupables et le tribunal ordonna leur expulsion immédiate.
Le journal russe (') auquel nous empruntons ces renseignements ne peut s'empêcher d'ajouter : « Dans cette courte notice, on prend sur le fait l'antisémitisme tout entier. Lequel de nos lecteurs connaissait cet article du Code qui interdit à la femme d'un pauvre ouvrier juif de vendre du lait ou du pain, sous peine d^expulsion immédiate ?.<. Pas un homme de bon sens ne compreadra qu'on condamne à une peine grave, terrible, une (!) Novastif 13 février 189I.