‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 53 sur 125 · EMPLOYÉS CONGÉDIÉS · texte numérisé non relu

EMPLOYÉS CONGÉDIÉS

infirmières à l'hôpital Kirilov : le prouverneur , les fit congédier. Quand, vers le mois d'août 1890, la ligne de chemin de fer de Libau fut rachetée par l'État, tous les employés Israélites de la Compagnie furent renvoyés successivement L'un d'eux, M. Koiranski, ingénieur, dont le caractère et les mérites professionnels avaient gagné toutes les sympathies, y était employé depuis vingt-six ans : on lui fit savoir qu'il serait éliminé à son tour, s'il ne se faisait baptiser. Il préféra se tuer: son inhumation eut lieu à Vilna, le 3 novembre 1890. Dans le courant de l'été 1893, les deux Compagnies de navigation opérant sur le Dniepr ont été avisées d'avoir à chasser leurs employés de religion juive : ces malheureux, au nombre de 80 environ, ont reçu leur congé en même temps que l'ordre de la police de partir immédiatement. « Ces pauvres gens, ajoute VOdesski Listok, sont chargés de famille et dans une situation navrante (') ». — Au moment où nous écrivons ces lignes, le ministre des Voies et Communications vient d'étendre la mesure à toutes les sociétés de chemins de fer concédés : ce sont encore huit mille israélites qui vont, sans avoir mérité l'ombre d'un reproche, être jetés demain sur le pavé {^).

Exclus de la magistrature, les juifs pouvaient du moins devenir avocats ou avoués. Plusieurs d'entre eux se sont distingués dans le barreau russe. Désormais, la profession d'avocat et celle d'avoué sont interdites à ceux qui n'obtiendraient pas une autorisation spéciale

(») Odesski Listok, 12/24 juin ^^93* (2) Novoïé VrémiUy 8/20 août 1.^^93.

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