‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 125 sur 140 · SOINS ET MORALITÉ I5I · texte numérisé non relu

SOINS ET MORALITÉ I5I

Dans le village juif de Dekchni, dont le D' Kempster a visité chaque maison, les constructions sont bien entretenues, toutes remarquablement propres, l'herbe autour d'elles soignée et coupée comme une pelouse, les granges dans l'ordre le plus parfait. Point de débit de bière ou de liqueurs dans ce village, mais une maison d'école — dont l'instituteur se contente de huit roubles par semestre! — ; les élèves, interrogés par le délégué américain, l'ont hautement satisfait : ils sont propres, quoique très pauvrement mis, respectueux, se tenant bien.

Le même jour, M. Kempster avait traversé un village russe, éloigné de Dekchni de deux verstes seulement et ne comptant que le tiers du nombre d'habitants du village Israélite. On y trouve un cabaret, tandis qu'il n'y a là ni école ni instituteur. Rien n'y indique l'économie et le soin ; la saleté y est atroce ; une grande mare de boue, qu'il eût été facile de combler, empeste la rue principale (^).

L'une des meilleures preuves que les juifs russes ne sont, en général, ni si malpropres, ni si peu soigneux qu'on veut bien le dire, c'est la mortalité extraordinairement faible chez eux des enfants en bas âge. Il est vrai hélas! que les persécutions avec leur cortège de cruautés, de privations et de misères ont beaucoup accru cette mortalité dans les derniers temps. On doit aussi mentionner, à l'actif des juifs de Russie, leur sollicitude éclairée pour les malades, la bonne organisation de leurs hôpitaux, de leurs orphelinats, de toutes

(I) Weber et Kempster, p. 109.

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