‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 21 sur 140 · ENTASSEMENT DES JUIFS · texte numérisé non relu

ENTASSEMENT DES JUIFS

serrés dans ces villes, où ils forment la majorité de la population, que l'on en trouve trois sur le même espace où loge un chrétien (^) : des coins de chambre sont loués à des familles entières! Et, comme toujours, l'extrême misère étant prolifique, ce peuple d'affamés se multiplie malgré les maladies et la faim qui le déciment. Là où il est possible de trouver un travail quelconque, le taux des salaires a été sans cesse en s'avilissant,parsuitedela concurrence forcée que les israélites se font entre eux : des ouvriers énergiques et habiles ne peuvent guère gagner plus de quinze francs par semaine, et ils chôment pendant plusieurs mois de l'année. Les salaires quotidiens de quarante et de cinquante centimes sont disputés par une foule de misérables, qui sont trop heureux de trouver un morceau de pain : n'étaient leur sobriété exemplaire, certaines règles d'hygiène tenant à leur religion, la vivacité des sentiments de famille et leur résignation vraiment héroïque, on ne pourrait comprendre comment tant de malheureux survivent aux privations qu'ils endurent. Mais les forces humaines, mais la résistance physiologique ont une limite. Si l'état des choses ne change pas très prochainement, si l'on ne permet pas du moins aux israélites de se répandre sur toute la surface du Territoire, la fin du xix*" siècle assistera avec horreur aune catastrophe dont la législation russe sera seule responsable et que l'on peut redouter d'un jour à l'autre : une épidémie de typhus exanthématique,

(I) Dans le gouvernement de Kiev, le nombre moyen des habitants chrétiens d'une maison en 40 ans est de 410 à 510; pour les juifs, il est de 1229, et à Berditchev de 2287. (Souravski, Description du gouvernement de Kiev, t. I, p. 247.)

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