CHANGEMENT DE DOMICILE
non par une simple ordonnance des autorités locales. La requête des juifs de Jousovka fut agréée, Tordonnance concernant la transformation de Jousovka, rapportée. Jousovka restera bourgade et les juifs y gardent le droit de séjour. »
C'est un triste régime que celui où le sort de 1500 malheureux dépend ainsi d'un simple hasard de rédaction !
On a remarqué que le texte de la loi de mai 1882 interdisait le séjour des villages à ceux des juifs qui s'y établiraient postérieurement à cette date. On décidait donc de respecter les droits des familles qui y avaient fixé leur domicile avant 1882. C'était, à leur égard, une question de bon sens et de bonne foi; mais cette disposition paraissant encore trop favorable, on recourut à toutes les chicanes pour l'éluder. Un changement de logis, une absence forcée, furent considérés comme des changements de domicile : une fois le juif sorti de sa résidence, on lui refuse lapermission d'y revenir. Encore fallut-il l'intervention du Sénat pour que l'on cessât de qualifier de « changement de domicile » le fait de quitter une rue pour une autre (^). Les exemples abondent de ces incroyables subtilités, mises au service d'un parti-pris de persécution et où il semble souvent que la police se soit complu comme à une sorte de divertissement cruel. M. M..., né à Palitski, qui avait quitté cette localité pendant quelques jourspour se marier, fut qualifié à son retour de « nouveau venu » et expulsé en consé-
(I) Daily Telegraph, 4 août 1890.