‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 35 sur 140 · KIEV, ROSTOV, TAGANROG, YALTA · texte numérisé non relu

KIEV, ROSTOV, TAGANROG, YALTA

encombrées. Combien d'individus ont souffert jusqu'à présent de ces mesures? C'est ce qu il est à peu près impossible de savoir, mais ce nombre doit être considérable, à en juger par le fort contingent fourni par les expulsés des « villages » à l'émigration transatlantique. D'après un document officiel, 4,700 familles juives ont été chassées des villages d'un seul gouvernement, la Volynie; ce qui porte le nombre à 70 ou 75,000 familles pour tout le Territoire (^) .

Quand on ne peut pas déclarer que les villes sont des villages, on motive l'expulsion en les retranchant simplement du Territoire, malgré leur situation géographique (^). Sous Nicolas déjà, les israélites furent chassés de Kiev, considérée comme Ville Sainte : ceux qui y sont rentrés depuis, à la faveur des lois de 1865, ont été l'objet de plusieurs mesures d'expulsion partielle. Les districts de Rostov et de Taganrog, qui faisaient partie du Territoire juif, en ont été détachés en 1887 et compris dans le territoire militaire du Don : les israélites ne peuvent plus s'y établir (3). En 1893, ^^ ville de Yalta, en Crimée, qui comptait 1,358 israélites, soit 13 p. c. de la population *;otale, a été tout d'un coup interdite aux juifs comme v ne faisant plus partie du Territoire » {+) . Le vrai motif, c'est que le tsar avait choisi Yalta comme résidence d'hiver à cause de la douceur exceptionnelle de son climat. Comme les stations

(i) Annales du gouvernement de Volynie, citées dans VOdesski Listok, yjig septembre 1893.

(2) Loi sur les passeports (1886), § 16.

(3) Ibid., § 17.

(4) Voskhod, 18/30 avril 1893 ; Odesski Lisfok, 27 juillet/8 août 1893.

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