‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 57 sur 140 · TRAITE DE BERLIN · texte numérisé non relu

TRAITE DE BERLIN

manuels. Nous aurons l'occasion de le prouver surabondamment.

Mais enfin, puisqu'il est des métiers dont on cherche à leur faire honte, on suppose évidemment qu'ils n'ont que l'embarras du choix. Sans doute, le gouvernement russe leur facilite l'accès d'une foule de carrières plus honorables ?. . . N'y est-il pas tenu, alors qu'il a contribué, comme signataire du traité de Berlin, à imposer à la Bulgarie, au Monténégro, à la Serbie, àlaRoumanie, cette disposition que la Turquie elle-même a déclaré faire sienne : « La distinction des croyances religieuses et des confessions ne fioiirra être opposée à personne comme un motif d'exclusion ou d'incapacité en ce gui concerne la jouissance des droits civils et politiques, l admission aux emplois publics, fonctions et honneurs, ou l exercice des différentes professions et industries , dans quelque localité que ce soit f^). » Dès lors, pourquoi les juifs ne font-ils pas leur chemin dans l'armée, dans l'administration ^ Que ne sont-ils ingénieurs ou fermiers, plutôt que de se faire prêteurs d'argent et débitants de boissons ?

Par une raison très simple ; la plupart de ces emplois et métiers leur sont interdits en Russie, et les maigres exceptions que la législation admettait se restreignent chaque jour davantage. Ils ne peuvent devenir officiers ; ils ne peuvent devenir ingénieurs. On leur défend d'acquérir ou de louer des immeubles ruraux quelconques, ou seulement de s'installer en dehors des villes du Territoire : ce sont les articles i et 2 des lois d'Igna-

(I) Traité de Berlin, 1878, articles 5 (Bulgarie), 27 (Monténégro), 35 (Serbie), 44 (Roumanie), 62 (Turquie).

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