‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 77 sur 140 · MISERE DES JUIFS IO · texte numérisé non relu

MISERE DES JUIFS IO

culte, on ferme leurs écoles, on leur refuse autant que possible toute instruction supérieure. On leur interdit une foule d'occupations et de fonctions honorables, ne leur laissant guère que les métiers infimes, qu'on leur reproche ensuite. Ces restrictions créent entre eux une concurrence effroyable, un combat incessant pour le pain de chaque jour. L'ouvrage manque, les salaires tombent, les malheureux meurent de faim. Qu'importe! Si, luttant pour la vie, quelques-uns finissent, à force de privations, par se tirer d'affaire, vite une restriction nouvelle, une taxe additionnelle, un obstacle de plus. On pressure les riches, on torture les pauvres. Rien ne sera épargné non plus pour salir leur conscience. Par les appâts les plus vils, on les excite à l'apostasie. On est implacable aux meilleurs et indulgent aux pires : les filles publiques sont protégées, les honnêtes femmes poursuivies !

Les conséquences d'un tel régime tiennent dans un seul mot : Misère! Mais une misère que nous n'imaginons pas et auprès de laquelle la pauvreté de la plupart de nos pauvres d'Occident est presque de l'aisance : misère matérielle, misère physiologique, misère morale.

Surtout, que l'on ne croie pas que nous exagérons. Ceux qui ont étudié la situation sur place s accordent tous dans leurs appréciations : les mêmes images reviennent sous les plumes les plus diverses et à propos des localités les plus éloignées. On citerait aisément cinquante témoignages péremptoires.

Les délégués du gouvernement américain, dont la

Page 1