ANYTA DE MYTILÈNE ISI
Moi, Hermes, j'étais debout près du jardin ouvert aux vents, aw croisement de trois chemins, près de la mer blanchissante, offrant aux hommes fatigués une halte dans leur route : et une source pure leur verse une eau fraiche.
Ici, dans le verger où se croisent les vents,
Près du sable blanchi par le sel et l’'écume, J'accorde le repos, loin des étés fervents,
Sur l'herbe aux bleus reflets que le cerfeuil parfume.
L'air marin courbe l’orme et les pommiers fleuris, Mais, ici, la langueur du mélilot s’exhale,
Et, baignant l’aloës et le vert tamaris,
La fontaine jaillit, riante et virginale.
Moi, l'Hermès dont les yeux suivent les flots d’étain, Sur mon socle de pierre aux bords moussus, j'écoute Le chant de l’eau, plus clair que le pipeau lointain, Et les pâtres lassés ont oublié la route.
1592 LES KITHARÉDFS
Ce lieu est à Kupris, puisqu'il lui fut toujours cher de voir du continent la mer brillante, afin qu’elle puisse accorder une navigation heureuse aux matelots; et, tout autour, la mer tremble, voyant la radieuse statue.
Sur les rocs ont erré les pieds nus de Kupris. Elle aime à contempler, du haut de la falaise, Les ondes déployant leurs violets d'iris
Dont l'immortel ennui s’exaspère et s’apaise. Sur les flots ont erré les pieds nus de Kupris.
La vague a reconnu la voix de la Déesse
Qui jaillit autrefois du délicat embrun,
Blonde sous le jour blond que le désir oppresse, Et respirant l’iode ainsi qu’un frais parfum.
La vague a reconnu la voix de la Déesse.
Son image a dompté le courroux de la mer.
Elle accorde la paix et le soleil aux voiles, Et, souriant aux nefs de son visage clair, Elle fait resplendir les nuits belles d'étoiles.
Son image a dompté le courroux de la mer.
FRS
ANYTA DE MYTILÈNE 153
.… appelant l'âme chère de Philainis qui, avant le mariage, march vers l'onde verte du fleuve de l'Achéron.
La vierge Philainis traversa les Eaux vertes
De l'Achéron, sans voir les flambeaux de l’hymen, Et les lys sont tombés d’entre ses mains ouvertes. Sur la stèle de deuil pleure le cyclamen.
Avant de voir brüler les flambeaux de l’hymen,
La vierge Philainis traversa les Eaux vertes.
Dans les prés où la lune efface le soleil,
La vierge Philainis tresse les asphodèles.
Perséphona, fermant les yeux noirs du sommeil, Rouit le lin parmi ses compagnes fidèles,
Et parfois, en rêvant, cueille les asphodeles Dans les prés où la lune efface le soleil.
A. — Pourquoi, 6 Pan agreste, assis près de la fontaine où vont les brebis, joues-tu de ce chalumeau harmonieux ?
B. — Afin que sur ces monts couverts de rosée les gémisses paissent, broutant les épis à la belle chevelure.
A. Tu respires l'odeur de l'herbe et de la terre, Et ta flûte s’exhale en des frissons légers.
Pan rustique, pourquoi demeurer solitaire, Assis dans le bois sombre à l'écart des bergers?
B. Je taille les pipeaux où traineront mes lèvres, Moi, dieu de l’hyacinthe et de l’épi barbu.
Et mes simples chansons attireront les chèvres Vers l’ombre et la rosée où les Nymphes ont bu.
LERES
ANŸTA DE MYTILÈNE 1$$
Jamais plus, réjoui des ondes propres à la navigation, je ne lancerai mon cou, bondissant du fond de l’eau, ni je ne soufflerai avec force de mes belles lèvres le long des tolets du navire, charmé de mon torse. Mais la fraicheur empourprée de la mer ma poussé sur la terre ferme, et je gis sur ce rivage délicat.
Le souffle de la mer, adouci par le soir,
Ne réjouira plus mes lèvres et mes joues,
Et je ne verrai plus, le long des belles proues, Mon image, comme en le métal d’un miroir.
Je ne monterai plus des profondeurs marines, Je ne m'ébrouerai plus au soleil du matin,
Je ne me plairai plus au sourire enfantin
De l’aurore, jouant avec ses cornalines.
O passant, j'ai quitté le transparent émail
Des flots, où le vent pleure en d’étranges syllabes, Où grouille obscurément la détresse des crabes,
A travers le soir gris que bleuit le corail.
Car le bondissement des courants implacables
M’a jeté sur la rive aux longs varechs flottants. Voici la Mort au front paré d'algues, — j'attends, Hors d’haleine et couché sur le velours des sables.
Pr
dc .