III
eu ^sp Ttv ^Ocvi^b; ^aiacoy Car la divinité jalouse ne te.,.
Icôvet (^) iQpucdV àperà; XT.pwa^wv
... chante sur le mode ionien la valeur des héros et des héroïnes.
lîtpi Ttw;
Po«r ffj... Hermès lutte un jour contre Ares.
KORINNA I^
^«SpaTG; * mot' èç* Îw^tm Je la lance en sorte que, à cheval,.
xx[p]T« p.6v Ppiuwaaevci
Grondant** à la vérité fortement de colère.
* Wolf (qui réunit arbitrairement les fragments VI à XI), accepte rhypotbêse d*après laquelle SMf«T4; ferait allusion au cheval de Troie. •• Au pluriel.
l6 LES KITHARÎDES
£f /«/, sVVjnf montré, à la vérité détruisit la ville,
fA quelqu'un chantant de façon douce,,.
KORINNA 17
est battu par des haches.
iraî^a Fôv bÙMa% çîXai; à'^oXat; éXioOat
voulant prendre son enfant dans ses bras.
l8 LES KITHARtDES
... ff /f blâme aussi la mélodieuse Myrtis de ce que, étant femme, elle entra en rivalité avec Pindare,
£if-rf ^«r r« ^or5 sans interruption? en vérité tu n'étais point avant, Korinna, . . .
KORINNA 19
Thespia, de belle race, hospitalière, aimée des Muses.
Pour tes,.. Hermès lutte un jour contre Ares.
Grondant à la vérité fortement de colère...
Et lui, s' étant montré, a la vérité détruisit la ville.
...est battu par des haches.
Grondant en vérité d'une forte colère, L'Arès un jour lutta contre THermès ailé, Pour ton rire, Aphrodite îmmortellement claire Qui disposais ton corps sur le lit étoile.
Les héros combattaient auprès des héroïnes, Une pourpre de meurtre embrasait le Levant ; Mais toi, tu fis chanter les écailles divines, Indifférente au choc des haches, et rêvant.
Les glorieux vaincus ensanglantaient Targile: La lance de TArès brûla, comme un éclair.
S*étant montré, terrible, il détruisit la ville. Et toi, tu souriais de voir briller la mer.
KORINNA 21
Et quelqu'un chantant de façon douce.,.
La terre est comme un vase étrusque, Fond rouge et dessin noir:
Dans la plaine où Tombre s'embusque, Déméter vient s'asseoir;
La flèche du couchant s'émousse
Sur les lichens et sur la mousse.
Quelqu'un, chantant de façon douce, A traversé le soir.
La nuit hésite sur le porche
D'onyx et de lapis, Et la résine de sa torche
A des parfums d'iris.
Du crépuscule vert émerge Quelqu'un chantant comme une vierge.
Et le mélilot de la berge
Connaît ton pas, Myrtis.
Tes doigts caressent la kithare, Cherchant le rythme exact :
Sous la langueur du toucher rare Surgit l'hymne compact.
Tu te plais au beau simulacre De la victoire et du massacre, Et, plus rayonnant que la nacre, Brille ton corps intact...
La terre est comme un vase étrusque, Fond rouge et dessin noir :
Dans la plaine où Tombre s'embusque, Déméter vient s'asseoir;
La flèche du couchant s*émousse
Sur les lichens et sur la mousse.
Quelqu'un, chantant de façon douce, A traversé le soir.
Est-ce que tu dors sans interruption? en vérité, tu n'étais point avant, Korimia,,,.
Dors-tu docilement dans le lit des années.
Musicienne dont la harpe résonna Jusqu'au Temple vengeur des noires Destinées ? N'étais-tu pas, avant, l'ardente Korinna?
KORINNA 23
Se peut-il que THadès aveugle te possède, Toi dont les yeux riaient du rire des bluets Et des blés mûrs?... O toi qui fus la Kitharède, Dors-tu parmi les Morts et leurs paktis muets?
Les champs, tumultueux comme de roux Priapes, Te virent, dépouillant la grave anxiété, Dénouer tes cheveux aussi lourds que des grappes, Et célébrer la vigne où s'empourpre Tété.
Un souffle olympien soulevait ta poitrine; La magnanimité de ton vers étonna La Parthène rigide et chryséléphantine...
En vérité dors-tu, toi qui fus Korinna?
... devant chanter de belles récompenses pour les femmes de Tanagra aux blancs péplos : et ma ville s* est grandement réjouie de mes chants au babil harmonieux.
Des roses ont neigé sur la plaine éblouie.
Dans Pair résonne encore un triomphe subtil; Ma ville s'est hier grandement réjouie De mes chants de femme à Tharmonieux babil.
Les échos de ma lyre animaient les silences.
J'étais déjà pareille aux rigides Paros, Et mes strophes étaient vos belles récompenses, Vierges ceintes de fleurs, femmes aux blancs péplos.
J'ai loué la valeur des graves héroïnes Que rimmortelle main de Pallas consacra.
La foule aimait en moi les Piérides divines, Et ma gloire épousait ta gloire, ô Tanagra.
Thespïa, de belle race, hospitalière, aimée des Muses. . .
Effeuillons les lauriers noirs comme tes prunelles, Thespia! moissonnons le myrte et le cerfeuil. Car, pour glorifier tes paupières très belles. Les Piérides tressaient leurs roses sur ton seuil.
Les pâtres te louaient, femme de belle race, Et t'apportaient les fruits dorés de la saison. Les étoiles brillaient, moins claires que ta face ; Tu fus hospitalière en ta noble maison*
KORINNA 2f
Dans tout le glorieux pays, depuis l'aurore, Les Aèdes ont célébré tes sourcils bruns.
La phorminx aux mains des Kitharèdes t'honore Pour ta sagesse et ton sourire et tes parfums.
... ff je blâme aussi la mélodieuse Myrtis de ce que, étant femme, elle entra en rivalité avec Pindare.
Oh ! les flots empourprés que frappent les rameurs. Et la Mort qui grimace à travers les murailles ! Pourquoi, Myrtis, jeter les sanglantes clameurs Des buccins dominant le fracas des batailles?
La gloire est un flambeau que le silence éteint. O Myrtis, la victoire est une courtisane, Et celui qui la frappe est celui qui Tétreint. Le sage a le dégoût de son baiser profane.
Chante le soir, l'ampleur des collines et l'air Pacifique, le temple où pâlit la pensée.
Et le flot qui frémit, plus troublant que la chair... Ta voix consolera l'Aphrodite blessée.
Car la voix d'une femme, ô Myrtis, doit savoir Moduler lentement ses langueurs incertaines, Elle doit s'allier au silence du soir Et se mêler au frais murmure des fontaines.
KORINNA 27
Korinna triomphante
Ivre du vîn des chants ainsi qu'une Bacchante,
Elle a loué la terre et les Dieux tour à tour,
La femme aux yeux d'amant, Korinna triomphante.
Sa voix a déchaîné les angoisses d'amour :
Les flammes du soleil ont brûlé dans ses veines.
Elle a chanté les jours aux rayons fabuleux, L'écume de la mer où flottent les sirènes.
Et le lit de Léda parsemé d'iris bleus, L'Ouranos aux palais d'opales et de jades Où le soir vit fleurir les divines Pléiades.
Elle a chanté l'Hadès au fleuve illuminé D'étoiles, et la paix des demeures funèbres Où, lune de l'hiver, règne Perséphoné, La Déesse endormie aux cheveux de ténèbres.
Elle a chanté l'Hadès où languissent les fleurs. Elle a chanté l'eff^roi des êtres et des choses Devant l'Aphrodita qui verse les douleurs Et mêle le poison au cœur simple des roses, L'Aphrodita, multiple ainsi que l'arc-en-ciel.
Vers qui monte l'essor des lyres inquiètes... Elle a chanté Daphné dont les blondeurs de miel Parfument le silence où rêvent les Poètes, Fugitive éternelle aux lèvres sans amour!
— Ivre du vin des chants ainsi qu'une Bacchante,
Elle a loué la terre et les dieux tour à tour,
La Femme aux yeux d'amant, Korinna triomphante.
(Évocations.)
MYRTIS
[a mélodieuse amie de Korinna emporta au fond de ses ténèbres le secret de ses rythmes ioniens. Myrtis sourit dans les vers chantants de la Poétesse de Tanagra :
... et je blâme aussi la mélodieuse Myrtis de ce que, étant femme, elle entra en rivalité avec Pindare.
Korinna reprend avec douceur Myrtis aux beaux sons d'avoir négligé le charme et la grâce des hymnes d'amour pour les brutales épopées qui louent les Héros aux mains rouges. La voix féminine ne doit point compromettre sa suavité en des clameurs guerrières. Elle doit s'attendrir aux lentes inflexions de l'idylle et de l'élégie. Elle peut
s'exalter jusqu'à l'ode, mais ne doit jamais s'enfler dans l'imitation des rauques clairons masculins.
Myrtis occupa un rang élevé parmi les neuf Kitharèdes que les Anciens honorèrent du titre de Muses Lyriques. Née à Anthédon, elle fut célébrée dans toute l'Hellaspour la beauté de ses chants et de son visage. Des statues de la Piéride furent érigées dans plusieurs provinces.
Quelques auteurs en font la disciple de Korinna; d'autres affirment qu'elle instruisit la Tanagréenne et Pindare, ses glorieux contemporains, dans l'art des mètres savants. Elle disputa au Poète de Cynoscéphales la Palme, récompense des nobles rythmes. Et, comme Korinna, elle fut victorieuse.
Plutarque nous transmet le thème d'un de ses récits épiques.
a Qui est Eunostos, le héros de Tanagra? et pourquoi l'accès de son bois sacré est-il interdit aux femmes? Eunostos était fils d'Elieus, fils de Céphissos, et de Skias, et il reçut, dit-on, son nom d'Eunosta, la Nymphe x^ui l'avait élevé. Cet Eunostos était honnête* et juste, non moins que sage, et sévère de mœurs. Ochna, une des filles de Kolonos, qui était de sa propre race, s'éprit de
* KoL^ôi représente, en grec, l'ensemble des qualités physiques et morales de r « honnête homme » du xvii* siècle.
MYRTIS 31
lui, à ce que l'on rapporte. Et, comme elle le tentait, il se détourna d'elle, et, lui ayant adressé des paroles insultantes, alla vers les frères d'Ochna, afin de l'accuser. Mais la vierge le devança dans ses accusations et excita ses frères, Okémos, Léon et Boukolos, à tuer Eunostos qui, disait-elle, l'avait prise de force. Ceux-ci, donc, lui ayant dressé une embuscade, tuèrent le jeune homme. Elieus les chargea de chaînes. Ochna, repentante et pleine de trouble, voulant soulager son chagrin d'amour, et en même temps prise de compassion pour ses frères, avoua toute la vérité à Elieus, qui, à son tour, la révéla à Kolonos. Et, Kolonos ayant jugé, les frères d'Ochna s'exilèrent. Quant à elle, elle se précipita, comme Ta raconté Myrtis, la poétesse lyrique d'Anthédon. »
Le Temps, le plus aveugle et le plus stupide des Ikônoklastes, a brisé les statues de Myrtis et les tablettes de marbre où furent inscrites ses strophes ioniennes. Il ne reste d'elle que son nom de Kitharède, évocateur comme un parfum, son nom qui est un poème : Myrtis.
Myrtis aux cheveux d'hyacinthe, qui entras en rivalité avec Pindare et qui louas la vertu des héros et des héroïnes, Myrtis qui te dévoilais à travers les odes de Korinna! Quelques rares Poètes cherchent à entrevoirie reflet de ton visage crépusculaire, le passage de ton ombre musicale... Ils pleurent tes harmonies disparues, et se lamentent de ce qu'elles furent aussi périssables
quêta beauté de femme. Et ton nom traîne comme un soupir sur leurs lèvres, Myrtis...
Le soir nuançait l'or d'Hellas De pourpre égyptienne :
J'offris la coupe d'hypocras A la Musicienne...
Elle errait en riant, auprès
Des aloès et des cyprès
Et des roches aux bleus de grès, Myrtis l'Ionienne.
Elle évoquait les bords du Styx,
Les asphodèles jaunes, Où les sphinx aux ongles d'onyx
S'étirent près des Faunes, Et dans la strophe, comme un choc De boucliers d'or contre un roc Où le marbre sommeille en bloc,
Luttaient les Amazones.
MYRTIS 33
La mélodieuse Myrtis
Aux paupières divines,