A M. ETIENNE
Député, ancien Sous-Secrélaire d'Etat aux Colonies, Yice-Président de la Chambre des députés.
Mon cher ami,
Permetiez-moi, comme témoignage de profonde gratitude pour çotre bienveillance., d'inscrire votre nom en tête de cette étude et de vous en offrir la dédicace.
Sans cotre concours éclairé, ni ce modeste travail, ni quelquesunes des monographies que j'ai pu récemment publier sur certaines plantes utiles des colonies françaises, n'eussent jamais vu le jour. Si la plupart des produits importants du vaste domaine colonial placé naguère sous votive administration sont restés trop longtemps inconnus en France, ou n'y arrivaient qu'à titre de simple curiosité, c'est que les régions productrices restaient fermées aux investigations des savants. Vous en avez largement ouvert l'accès aux chercheurs français, et, pour faciliter leur tâche, vous n'avez pas hésité, sur ma demande, à faire sillonner nos colonies par des missions scientifiques chargées d'aller recueillir des matériaux d'étude capables d'enrichir un jour tout à la fois la science et l'industrie métropolitaines. En les faisant mieux connaître, ces recherches auront pour résultat de faire aussi mieux apprécier et de rendre plus chères à la patrie les riches possessions que l'administration des colonies ajoute chaque jour à la France d'outre-mer. Tout nous promet, dans un avenir prochain, grâce à votre louable intervention, une ample récolte de faits nouveaux dont l'ensemble formera un faisceau compacte de conquêtes utiles, pacifiquement réalisées. Ce sont les seules
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durables, les seules qu'un peuple civilisé doive légitimement ambitionner, les seules capables d'assurer la véritable assimilation du sol conquis par les armes.
Cest dans cet esprit que votre digne successeur au S. Secrétariat des Colonies, M. Jamais, continuant des traditions heureuses, a décidé, de concert avec M. le Ministre de l'instruction publique, et à mon instigation, la création d'un Musée colonial et d'un Institut de recherches coloniales à Marseille. Je m'honore d'en être le premier directeur et ferai tous mes efforts pour que les travaux sortis de ce laboratoire spécial Justifient, par leur valeur, leur nombre et leur portée utilitaire, l'estime dont l'administration coloniale m'a donné une nouvelle preuve en me confiant cette organisation et cette direction laborieuses.
Je vous apporte aujourd'hui la première gerbe de cette moisson de l'avenir, le premier travail précurseur de ceux qui naîtront dans ce laboratoire. Ne mesurez pas ma reconnaissance à l'importance de cette étude. Mon unique but, en vous l'offrant, est de rendre un public hommage à la protection bienveillante et éclairée que vous avez accordée aux recherches de votre ami bien dévoué, qui, comme vous, aime avec passion les colonies.
D' E. Heckel.
20 Février 1893.
TRAVAUX DU MÊME AUTEUR Sur la Flore coloniale utile ou nouçelle