Situation géographique
Ail allong tlie road to Bedden tbe country is inhabited by Kuku or wbat remains of tbem. Tbey bave now ail retreated towards tbe mountains, two days rnarcb inland, out of tbe way of tbe Dervishes. Signs of buman babitation on tbe riverain strip are few and far between.
Milne, Scott. Geogr. Mag. (1899), 4^2.
Cf. Eliot, Bull. Soc. Géogr. Lille (1903), 372.
Au début de cette année j'ai visité le pays des Kuku. Les Kuku occupent un plateau élevé qui s'étend à perte de vue vers l'Ouest et qui est d'une fertilité remarquable. Les villages s'y comptent par centaines. La population y est d'une densité que je n'ai pas encore constatée ailleurs.
Chaltin, Belgique Colon. (1900), 6176.
According to my informants, tbe Kuku live seven days' journey from tbe Nile... Thèse figures are probably exaggerated, even if we allow that tbe road is very bad and it seems likely tbat tbe Kuku country is not more tban 3o miles from tbe river.
Eliot, Geogr. Journal (1902), 617.
L'expédition traversa la rivière Kayo, sans grande importance. Cette rivière forme la frontière entre les territoires des Madi (Neto, Noïa, Lufare, etc.) et des Kuku.
Didier, Mouv. Géogr. 1903), io5. Extr. Dépêche Coloniale de Paris.
La peuplade est établie sur le 4° de latitude Nord et s'étend au-dessous de ce degré. Elle se développe,
Kuku. Poss. : AngloEgypt. A, 2.
d'autre part, entre le 3i° et le 32° de longitude Est Greenwich.
Ces renseignements m'ont été fournis par la carte de l'Enclave de Lado, établie le Ier avril igo5 par M. Olaerts. Ils ne sont pas le résultat d'observations astronomiques, aucun travail de cette nature n'ayant été fait pour cette région.
Le territoire habité par les Kuku peut être délimité ainsi :
Au Nord, le parallèle passant par la rivière Kididi et se terminant à hauteur du mont Kendiri ; à l'Ouest, le méridien passant par ce mont, une ligne joignant ce dernier au mont Lodin et une autre ligne passant par les sources du Komudu, du Kupirtitshu, de la Bolenza, du Kuri et du Logo et se dirigeant ensuite vers le Sud jusqu'au parallèle passant à i,5oo mètres au Sud du mont Djalè ; au Sud, ce parallèle ; à l'Est, la bande rocheuse formée par les monts Djalè, Undu, Kobo, Kikigiè, Karulè, Ogwadjo, Libadjo, Kima, Atshakwa, Wolilo, Derunadi et Longwesa jusqu'aux premières collines situées à peu près à hauteur du parallèle passant par la rivière Kididi.
Ainsi délimité, le territoire représente une superficie approximative de 1,000 kilomètres carrés.
La peuplade que nous étudions occupe l'aire comprise entre les monts de l'Est et du Nord, d'une part, et les rivières Djokwa et Koïbo, d'autre part. Deux ou trois villages sont établis sur la rive droite du Djokwa. De même, un certain nombre de villages sont installés au delà des monts Lougwesa, Lidjo et Undu. Le plateau séparant le bassin du Kibo de celui de la Niawa est inhabité dans toute son étendue.
Vandex Plas.
KUKU
(Poss : Anglo-Egyptiennes).
A, 2 (suite).
Aspect du pays.
A la rivière Kayo succède un plateau ondulé dont certaines parties ressemblent beaucoup à la campagne abyssine du Choâ.
Didier, Mouv. Géogr. (iç)o3j, io5 Extr. Dépèche Coloniale de Paris.
Le pays se présente assez bien dans sa généralité sous l'aspect d'une double cuve, dont le fond serait plissé suivant une ligne médiane et dont les côtés seraient rabattus de façon à former une surface à pente douce. Le pli de la première cuve est occupé parle lit de la rivière Kibo; celui de la seconde, par le cours de la Niawa.
Les rives, qui amorcent les côtés de la cuve, s'élèvent petit à petit; le développement des terres qui leur font suite est d'inégale importance. Pour le Kibo, à droite, elles s'étendent jusqu'aux vallons qui les séparent des collines du Nord ; à gauche, elles s'arrêtent au pied du plateau dont je parlerai plus tard. Des deux côtés, elles sont fractionnées par les cours d'eau qui constituent la ramure de la rivière principale ; elles forment ainsi autant de collines et mamelons dont l'ensemble donne, à la région décrite jusqu'ici, l'aspect d'une surface légèrement bossuée. Pour la Niawa, le sol faisant fond à la rive gauche est plus aplati et moins étendu, il s'arrête brusquement suivant un angle presque droit au pied des monts de l'Est ; celui de la rive droite s'élève en pente douce jusqu'à la bordure du plateau déjà signalé. Vu de cet endroit, le bassin dans sa majeure partie affecte la forme d'un boyau tronqué.
Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.
Entre les monts Ogwadjo et Karulè s'amorce le plateau séparant les eaux de la Niawa de celles du Kibo.
Il débute par une bande de terrain étroite qui passe, à une différence de niveau minime, entre la source de la Niawa, d'une part, et celle du Lobadjo, d'autre part. A hauteur de la source du Tabo, il détache vers le Sud une nouvelle bande, étroite également, qui va se rattacher au mont Lidjo, et, de ce dernier, au mont Undu, et qui forme la ligne de faîte entre les eaux de la Niawa et celles du Kayo. Le plateau conserve son étroitesse jusqu'à la source du Lolimburu. A partir de ce point, il se bifurque pour se diriger, d'un côté vers l'Ouest, de l'autre vers le Sud-Ouest.
Le Koïbo prend naissance dans une cavité du plateau, et son cours le partage en deux jusqu'à un point situé au Sud du cours du Kindi.
La première subdivision du plateau est donc enclavée dans le bassin du Kibo à partir des sources du Kilindi et du Koïbo. „
A la limite Est du territoire se dessinent les linéaments de la barrière rocheuse qui sépare le pays des Kuku de la vallée du Nil. Elle débute au Nord par les monts Longwesa, Derunadi,Wolilo, Atshakwa et Kima, auxquels conduit une pente douce partant des sources et des rives du Gupiri et du Kibo. La série se continue dans la direction du Sud par les monts Libadjo, Ogwadjo, Karulè, Kikigiè, Lidjo, Undu et Djalè. Sauf le Karulè et le Kikigiè, ces monts ornent le sommet des collines séparatives des eaux de la Niawa et du Kibo d'une part et, d'autre part, de celles du Kayo et de la rivière dont le Lalaï, avec ses affluents l'Idjwa et le Kalombua est tributaire et qui se dirige à l'Est vers le Nil. Leur structure est d'un type à peu près uniforme : ce sont d'énormes bosses plus ou moins bien arrondies. Seul, le Djalè affecte la forme d'une cloche.
KUKU
(Poss. : Auglo-Egyptieimes),
A, 2 (suite)
Mais leur élévation et leur longueur diffèrent. Les uns, tels le Longwesa, le Derunadi, le Wolilo, l'Ogwadjo, le Lidjo et l'Undu sont peu élevés, les autres, tels l'Atshakwa, le Kima, le Karulè et le Kikigiè ont de i5 à 3o mètres de hauteur et sont, de plus, d'un accès difficile à cause de leur pente abrupte. Quant à la longueur, c'est aux monts Lidjo et Undu qu'il faut donner la première place. Derrière cette première ligne se profile un relief majestueux dont le Kobo est l'avant-coureur. Cette masse énorme, qui a toute l'allure d'une chaîne de montagnes, se décompose, pour autant que j'aie pu en juger de loin, en j)lusieurs séries, parallèles entre elles, de lames monstrueuses courant du Sud au Nord. De cette agglomération rocheuse émergent de-ci, delà, d'audacieux pics défiant le ciel. Des cols profonds livrent passage aux cours d'eau qui naissent au pied de la première bande et s'en vont se déverser directement ou indirectement dans le Nil.
Les assises des monts de premier plan sont formées de roches de nature granitique. Sur le sommet du mont Lidjo, d'énormes blocs de granit sont jetés x)êle-mêle dans un beau désordre. Au Nord-Est du Longwesa, à une heure et demie de distance, se trouve un gisement de fer dont les indigènes se servent. J'en ai vu extraire du minerai, mais je ne suis pas à même de déterminer l'importance de la mine. Je sais que les natifs en exploitent une autre située dans les montagnes qui limitent au Nord le territoire des Kuku. A quatre ou cinq kilomètres de la source du Kibo, l'érosion du rivage pro-
Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.
voquée par le ruissellement des eaux pluviales a mis à nu des plaques rocheuses dont la surface lamée se présente sous forme d'une agglutination de grains de sable. Sur les côtes et le sommet des collines se dressent par-ci par-là des blocs énormes de pierres, épars ou groupés de la façon la plus bizarre, tantôt grenus, tantôt lisses. Y affleurent aussi en assez grand nombre des surfaces rocheuses planes de dimensions variables.
Vanden Plas..
KUEU
(Poss. : Anglo-Egyptiennes).
A, 2 (suite).
Météorologie.
Le climat se distingue par deux saisons : la saison sèche et la saison pluvieuse. La première s'étend de la mi-novembre au commencement de mai, la seconde occupe le reste de l'année. La température baisse en saison sèche. Le refroidissement nocturne notamment est très sensible. Aussi est-il pénible d'être privé de vêtements de drap à partir de 7 heures du soir. Les premières heures du matin sont fort froides et les natifs paraissent en ressentir les inconvénients. On les trouve gTelottant, accroiipis par petits groupes autour d'un brasier. Lorsqu'ils s'éloignent, ils emportent un tison enflammé pour se réchauffer. Quelquefois, le matin, l'atmosphère est remplie d'un léger brouillard, toujours fugace. Un jour, vers 7 heures, un épais brouillard, tout noir, qui ne pouvait être qu'un nuage, apparut au Nord et au Nord-Est, couvrant et noyant subitement les montagnes. Il se dirigeait vers l'Ouest, lorsqu'un vent violent le chassa vers le Sud. Il glissa avec rapidité à un mètre du sol et disparut à l'horizon. Journellement un vent fort souffle de 11 heures du matin à 4 heures de l'après midi. Il vient le plus généralement du Nord ou du Nord-Est, il soulève par intervalles le sable qu'il transforme en tourbillons. Le soleil l'y aidant singulièrement, il dessèche intensément la flore. Aussi les herbes sont-elles rapidement étiolées et revêtent-elles bientôt une teinte grise, presque blanche. La plaine semble alors recouverte d'un linceul ondulant sous la brise, et le spectacle qu'elle offre
Knku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.
ainsi enveloppe l'âme d'un impressionnant sentiment de tristesse et de désolation.
C'est à ce moment qu'apparaissent les incendies qui achèvent l'œuvre de destruction commencée.
Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède qu'il ne pleut pas du tout en saison sèche. La pluie survient au contraire assez souvent, et cette circonstance rend même difficile une fixation exacte de la durée des saisons. Pour déterminer ce point je me suis basé sur le degré d'intensité et la durée des chutes pluviales. Le tableau que je donne plus loin fournira d'utiles renseignements à cet égard.
A l'inverse de ce qui se passe au Congo, le ciel est toujours clair, ou presque tel, durant toute la saison. La nébulosité est insignifiante, pour ainsi dire nulle, à cette époque; elle ne se présente qu'au moment d'une ondée, ce n'est vraiment qu'à la saison des pluies qu'elle se caractérise.
La saison des pluies est la saison chaude, comme la saison sèche est la saison froide. Mais la chaleur qui se fait sentir à cette époque est très supportable, et la différence sous ce rapport entre les deux saisons n'est pas grande. De plus le refroidissement nocturne est toujours suffisant pour rendre le sommeil agréable et réparateur. Aussi ces conditions climatériques, jointes aux caractères hydrographiques décrits plus loin, assurent-elles au pays un haut degré de salubrité, qui en fait un séjour privilégié pour l'Européen.
Vanden Plas.
KUKU
(Poss. : Anglo-Egyptiennes).
A, 2 (suite).
Observations météorologiques chez les Kuku.