‹ Les Kuku (possessions anglo-égyptiennes)Chapitre 12 sur 152 · DURÉE · texte numérisé non relu

DURÉE

Observations.

tion a eu lieu.

Heures

Enketi.

10 octobre

abondante

ordinaire

Id.

id.

dans la brousse

id.

ordinaire

Bongo.

17 au 18 oct.

id.

Vents.

Tembere.

18 octobre

id.

Id.

18 au 19 oct.

id.

Kadjo-Kadji.

25 au 26 oct.

ordinaire

Id.

31 oct. au 1 novemb.

id.

Id.

3 novembre

id.

Id.

Id.

id.

Id.

4 novembre

id.

fine

Id.

Id.

id.

Id.

Id.

id.

Id.

id.

Id.

Mataloche.

1 décembre

id.

Bedjur.

5 au 6 déc.

Année 1908

ordinaire

courte

Kadjo-Kadji.

8 au 9 fév.

forte

coups de tonnerre

courte

Id.

i3 février

ordinaire

Swaïe.

12 mars

légère

Malero.

abondante

ordinaire

Kadjumba.

légère

Kadjo-Kadji.

id.

Id.

Id.

abondante

Tempête.

Id.

id.

Id.

1 avril

fine

Id.

id.

Id.

id.

id.

Id.

ordinaire

ordinaire

Vent violent avant 1*

Id.

fine

pluie.

Id.

Id.

id.

Id.

9 avril

id.

Id.

Id.

id.

Id.

11 avril

id.

Id.

id.

Id.

abondante

Id.

id.

Id.

id.

Mes observations ont cessé à cette date.

Ce i3 septembre igo<8.

Vanden Plas.

KUKU

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.

A, 2 (suite)-,

Hydrograph ie .

L'hydrographie de la région des Kuku se caractérise par une grande pauvreté dans le débit des cours d'eau. Beaucoup de ceux-ci sont à sec pendant une partie notable de la saison sèche. C'est le cas de ceux qui n'ont pas de source jaillissante et qui ne doivent leur existence passagère qu'à la configuration du sol. Certains replis du terrain, en effet, se sont creusés davantage chaque année sous l'action des eaux dévalant des hauteurs et ont fini par se former un véritable lit, qui ferait croire à la présence d'un cours d'eau régulier. Tous les autres ont une capacité normale insignifiante. Leur débit se borne à la constitution de réservoirs d'eau étages entre les roches et les amas de sable qui encombrent leur lit. Entre ces excroissances du fond, et d'une plate-forme à l'autre, coulent autant de ruisseaux qui se transforment en minces filets d'eau à la fin de la saison sèche. Le lit des rivières est fortement encaissé entre des parois escarpées. A la saison des pluies, en quelques heures, il se remplit jusqu'au bord et livre alors passage à un torrent. En quelques heures aussi il se désemplit et reprend son allure de rivière calme. Sauf aux fortes crues, le passage à gué est possible presque partout.

Le pays est sillonné par deux cours d'eau principaux : le Kibo et la Niawa.

Le Kibo prend sa source entre les monts Wolilo et Atshakwa, à peu de distance du sommet de la i>ente qui les sépare. Dans sa plus grande largeur, un peu en aval

Kuku. Poss. : Auglo-Egypt. A, 2.

de sa jonction avec le Koïbo,il ne déliasse pas 5o mètres. Ses principaux affluents sont : à droite, le Gupiri, à gauche, le Kilindi et le Koïbo.

La Niawa a sa source entre le village de Lodira et celui de Doru-lo-Kadjo. Sa plus grande largeur, à sa sortie du territoire des Kuku, n'atteint pas 4° mètres. Ses affluents sont sans importance.

Outre ces deux rivières, il y a le Kayo, dont la source se trouve sur le versant oriental du mont Undu et qui ne fait qu'un court parcours sur le territoire des Kuku avant de disparaître dans les montagnes, entre lesquelles il se fraye une voie vers le Nil et où il reçoit les eaux de la Kikwa qui, elle-même, a le Loropi comme tributaire.

Au Nord du mont Longwesa, se trouve la source d'une autre rivière qui s'engouffre également dans les montagnes pour se diriger vers le Nil et qui a le Lalaï pour affluent.

Le Madjulore va rejoindre, dans les collines du Nord, un autre affluent du Nil.

La disposition du sol rend impossible l'existence des marais. La déclivité du terrain offre, en effet, un écoulement facile et régulier aux eaux pluviales. Là seulement où les rives s'aplatissent, vers les sources principalement, la terre constamment humectée est bourbeuse.

Vanden Plas.

KUKU

(Poss. : Anglo-Egyptiennes)

A, 2 (suite).

Géologie.

La nature du sol varie. Ici la terre est sablo-argileuse, là, elle est argilo-sablonneuse. La contrée que drainent le Kibo et ses affluents se distingue en maints endroits par des terres nettement argileuses. On les trouve principalement dans les parties basses et plates voisines de la rivière. Le long* des cours d'eau, le sol est parfois marécageux, il présente aussi par intervalles une matière ressemblant à de la tourbe.

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, a.

Flore.

Les arbres à beurre (Bassia Parkiï) abondent dans la région.

CHALTIN, Belgique Colon. (1900), 617.

La savane occupe une bonne partie du pays. Le reste est boisé.

La savane se compose d'herbes ténues dont la hauteur ne dépasse pas généralement iM5o. Dans les bas-fonds et là où le sol est plus nourricier, elles atteignent im 80, 2 mètres et même plus. Mais, en revanche, elles sont fort courtes en beaucoup d'endroits. Au milieu de cette végétation herbacée croissent, très disséminés, quelques arbustes, des tamariniers et surtout des arbres à beurre. Quelques rares borassus projettent leur tronc élancé dans un isolement qui leur donne un air dépaysé. Sur certains points, les arbres à beurre se rapprochent et se groupent. L'ensemble du tableau, vu en saison pluvieuse, procure alors au voyageur l'illusion de se trouver dans un de nos verdoyants vergers.

Les bois sont constitués par la réunion plus compacte d'arbres de petite et de moyenne stature. La végétation ligneuse représentée par des types de haute futaie est très réduite. Les essences les plus communes sont, hormis le tamarinier, les mêmes que celles qui poussent dans la savane. Mais, à côté des arbres à beurre, vivent de nombreux arbres à épines fort redoutés du voyageur dont il déchirent les vêtements et les chairs. Ce n'est que lorsqu'ils ont atteint une certaine croissance qu'ils deviennent inoffensifs. Leurs branches épineuses à feuillage ténu développent alors une cime élargie en forme de parasol d'un agréable aspect.

La hauteur des arbres ne dépasse pas communément 5 à 6 mètres. Bon nombre d'entre eux sont encore moins grands. Quant à ceux atteignant plus de 12 mètres ils sont fort rares.

KUKU

(Poss. . Anglo -Egyptiennes).

A, 2 (suite)

C'est vers le Nord du territoire que la nature a diversifié le plus les éléments constitutifs des bois. Les arbres à beurre n'y abondent pas, et l'on y rencontre des types à tronc plus élancé et d'une variété plus grande. Mais là, pas plus qu'ailleurs, on ne se trouve en présence des géants qui peuplent les forêts vierges, et dont de si beaux spécimens s'offrent à la vue au Mayumbé et dans l'Ituri. Nulle part, non plus, on n'aperçoit cet enchevêtrement de lianes courant en sens divers à la recherche de leurs tuteurs ou ce fouillis de plantes disparates obstruant les côtés du sentier mal défini. Ici, les formes végétales, grandes et petites, sont toujours suffisamment espacées, et le sol suffisamment débarrassé d'obstacles malencontreux pour que le chasseur puisse se frayer aisément une voie.

Une remarque analogue à celle que je viens de faire s'applique à la savane. Celle ci n'est pas la savane du Congo, aux arbustes multiples, aux graminées dures, hautes et puissantes. L'arbre à épines, que j'ai signalé tantôt s'y rencontre quelquefois en groupes épars. J'y ai trouvé également, en nombre restreint, des pieds de vigne sauvage et un arbuste portant un fruit de la couleur et de la grosseur d'une petite cerise et dont la saveur se rapproche de celle de la framboise. Les indigènes ne paraissent pas faire usage du fruit de ces plantes, mais ils utilisent celui du tamarinier et de l'arbre à beurre. Le tamarinier développe, à 2 ou 3 mètres du sol, un dôme de verdure ample et touffu, très recherché comme lieu de repos par le voyageur harassé.

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.

Parmi les autres productions végétales, il faut mentionner une forme spéciale dont les femmes se servent pour se confectionner le tablier qui cache les parties sexuelles. Une autre plante, fort répandue et d'un usage courant, est la courge, dont la tige rampante recouvre de ses sinuosités le sol avoisinant les villages.

L'existence des fleurs est très réduite. Elle se borne à quelques liliacées de nuance jaune et violette.

Sur le bord des rivières poussent éparpillés de petits palmiers qui m'ont été signalés comme étant des dattiers sauvages. Le long des rives du Kayo, à proximité de sa source, ils existent à profusion. Un léger rideau de verdure cache généralement le cours des rivières. Il est formé de plantes acaules et d'arbrisseaux divers. Sa dispersion n'est pas générale et certaines parties des rives en sont parfois complètement dépourvues.

Au Nord du territoire, sur le flanc des montagnes, s'étalent de véritables forêts de bambous.

La flore, en somme, est peu variée et sans opulence. Aussi le tableau qu'elle offre est-il un désenchantement pour celui qui a été le spectateur émerveillé des splendeurs de la végétation équatoriale.

La savane se développe inégalement sur les deux rives du Kibo et sur les terres qui se prolongent de chaque côté de son cours. A partir de la rivière Kabi le pays se boise jusqu'aux environs du village de Tembere. La savane, qui avait repris son empire, fait place à nouveau à la végétation forestière aux approches de la montagne occupée par le Nieffu Seckwat. Sur la rive gauche, elle cesse vers l'embouchure du Kilindi et réapparaît au confluent du Kibo et duKoïbo. Tout le plateau séparant les eaux du Kibo de celles de la Niawa est boisé à partir de la rivière Lolimburu. La rive droite de la Niawa est également couverte de bois depuis la

KUKU

(Poss. : Anglo Egyptiennes).

A, 2 (suite).

rivière Lolimburu jusqu'à hauteur de la propriété de Tikitiki. La savane reprend ici pour disparaître de nouveau au delà de la rivière Wasili. Quant au pays compris entre la rive gauche de la Niawa, d'une part, et les monts Kikigiè, Lidjo et Undu, d'autre part, il est complètement occupé par la savane. Il en est de même des terres avoisinant la source des rivières Tabo etLobadjo. Il y a lieu de noter ici une autre particularité qui distingue encore la végétation forestière de la région des Kuku de celle que l'on rencontre au Congo. Dans ce dernier pays, la forêt commence et cesse brusquement. C'est, dans les deux sens, une solution de continuité nette, tranchante, sans transition aucune. Chez les Kuku, au contraire, les bois s'annoncent et se préparent par l'apparition de productions végétales ligneuses plus nombreuses et mieux groupées. Le sol se boise et se déboise graduellement.

Vanden Plas.

Faune.

En ce qui concerne la faune, la place d'honneur revient au lion, dont l'espèce est fort répandue dans les parties du pays inhabitées par l'homme. A côté du roi des animaux, vivent le léopard, l'hyène et le chacal. Quelques cynhyènes se partagent aussi les savanes et les montagnes. Les empreintes énormes de certains pas sur le sol ne laissent aucun doute sur l'existence de l'éléphant. Le buffle est assez rare, semble-t-il. Par contre, les antilopes et les gazelles sont très nombreuses. Il en existe, à ma connaissance,

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.

cinq espèces qu'il m'est impossible de classer scientifiquement. J'ai rencontré des girafes dans la partie Sud- Ouest du territoire, aux environs du village de Malero. Des sangliers habiteraient également dans le pays, au dire des indigènes ; mais je n'ai jamais relevé la trace de leur passage. Les rats pullulent.

Le lion est dépourvu de crinière. Comme le léopard, il ne sort qu'après le coucher du soleil et rentre dès que la chaleur se fait trop fortement sentir. L'hyène ne rôde que la nuit. Ces animaux, est-il besoin de le dire? n'offrent pas le danger que certains cerveaux enfiévrés d'imagination se représentent volontiers. Il n'est guère de villages que je n'aie vus au cours de mes nombreuses pérégrinations. J'ai donc eu l'occasion de rencontrer un grand nombre d'indigènes. Eh bien, parmi tous, je n'en ai trouvé que deux qui avaient été blessés par un fauve; l'auteur du méfait fut un léopard. Encore, y avait-il eu faute de la part de la victime. Je n'ai pas davantage entendu dire qu'une bête féroce eût tué qui que ce fût. Les fauves de cette espèce fuient la présence de l'homme, comme l'homme évite la leur. Ils ne se différencient pas sous ce rapport des autres fauves auxquels l'on fait une réputation de timidité et de douceur. L'aire sur laquelle ils vivent et se propagent atteste la sûreté de mon observation. Les régions qu'ils habitent sont précisément celles que les indigènes ont délaissées. Par rapport aux Kuku, c'est au Sud et au Sud-Ouest de leur territoire et dans les montagnes limitant celuici au Nord que les animaux sauvages se développent et évoluent. Il arrive sans doute qu'un lion ou un léopard s'égare dans un centre habité par les hommes; mais ils ne s'attaqueront pas à ceux-ci, s'ils trouvent de quoi assouvir leur faim dans les bergeries ou les poulaillers. Quelques faits à cet égard pour édifier ceux que cela peut intéresser.

KUKU

(Poss. : Anglo-Egyptiennes)

A, 2 (suite).

Je campais au village de Lodira. Un léopard vint vers 6 heures du soir, se tapir dans un buisson voisin de la rivière Bibisoni. En entendant le bruit fait par les hommes que j'avais envoyés à sa poursuite, il sortit prestement de sa retraite et se mit à fuir dans le vallon. Sur sa route se trouvait un indigène ignorant l'incident qui venait de se passer. Dès qu'il eut aperçu le fauve il lui jeta sa lance, et le courageux félin accentua sa fuite. Du sommet de la colline où je logeais à ce moment, j'assistai à cette scène burlesque.

A quelques jours de là, un matin, je traversais une savane. J'avançais péniblement au milieu des vagues herbeuses qui se mouvaient autour de mes hanches lorsqu'un léopard se dressa brusquement à trois mètres devant moi et, pris de peur, s'enfuit avec une telle rapidité que je ne pus le reconnaître qu'au second bond qu'il fit.

Trois jours après, je campais au confluent du Koïbo et du Kapo. Vers 7 heures du soir, un homme de mon escorte m'avertit qu'un animal s'avançait vers nous. Le bruissement des herbes confirmait le renseignement fourni. Je pensai qu'il s'agissait d'un éléphant, mais je me trompais, c'était un lion. La façon dont la bête humait l'air — ou l'odeur de la chair fraîche, je ne sais — ne laissait place à aucun doute sur son identité. Il n'était pas seul, car, sur deux autres points de la plaine herbeuse, se produisaient à la fois les mêmes signes : bruissement des herbes et reniflements sourds. Ils étaient donc au moins trois, qui,

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.

pendant plus de deux heures rôdèrent autour du campement. Les ténèbres nous empêchaient de voir, mais l'oreille, par contre, était satisfaite. Il n'était pas difficile de se rendre compte que la distance qui nous séparait était fort réduite. Eh bien, pas un de ces visiteurs importuns ne s'avisa de faire plus ample connaissance! Qu'est-ce qui les retint! Nos feux? Notre force numérique? Les deux, probablement.

A cinq jours de là, je logeais au village de Molokwa. Vers 5 heures et demie du soir, un lion vint s'emparer d'un mouton faisant partie d'un troupeau qu'un enfant gardait à la pâture à cinq cents mètres des habitations. Il avait pris une bête, mais il avait respecté l'enfant.

Lions et léopards gîtent dans le creux de certaines roches, principalement dans les montagnes.' J'eus la chance de découvrir un repaire de lions le lendemain du jour où le mouton fut enlevé chez Molokwa. Je délimitais la terre située entre le mont Kendiri et les rivières Kibo, Koïbo et Kewa. De bonne heure, j'arrivai au mont Lo-Koka. C'est là que je me trouvai en présence de la tanière. Le mont Lo-Koka se divise en deux tronçons très rapprochés, entre lesquels poussent une grande quantité de bambous. Les parois intérieures du col sont flanquées du haut en bas de roches énormes jetées pêle-mêle et affectant dans leur désordre les formes les plus hétéroclites. Quelques-unes sont disposées de façon à former une gigantesque gueule de crapaud entr' ouverte. C'est dans ces cavités élevées, d'un accès difficile, que les lions passent les heures les plus chaudes de la journée. Les nombreux ossements, qui gisaient épars au fond de ces retraites, attestaient qu'un copieux repas avait été récemment fait. Lo-Koka signifie en termes libres « du léopard » ou « au léopard » , « lo » équivalant à « de », « a », comme je l'ai déjà dit, et « koka » correspondant au mot français « léopard » .

(Poss. : Anglo-Egyptiennes).

A, 2 {suite).

Mon guide interpellé au sujet de la contradiction existant entre l'expression et la chose, ne put me répondre, mais il m'affirma que la montagne de ce nom était bien la demeure des lions et, désireux de me le prouver, il m'invita à y organiser une battue à midi. Je n'acceptai pas cette invitation extravagante, mais je crus d'autant plus volontiers ce nègre que, la nuit précédente, j'avais été réveillé par une cacophonie de rugissements qui venaient précisément des abords de la montagne Lo- Koka.

Toute la région située à l'Ouest de la rivière Koïbo et du village de Seckwat, jusqu'au delà de la Kaya, est le séjour de prédilection des lions, des léopards, des éléphants et des antilopes. Aussi, n'y rencontre-t-on aucun village, hormis ceux des indigènes Molokwa et Swaïe qui, à cause de leur origine kakAva, ont dû se contenter de ce coin de terre.

La gent volatile est représentée par l'aigle, le vautour, l'épervier, la perdrix, l'engoulevent, la pintade, l'outarde, la bergeronnette, le merle métallique, le ramier, le moineau, la tourterelle et deux sortes d'échassiers. La première est représentée par des types d'une blancheur immaculée et de contours délicats ; la seconde est composée d'individus au i)lumage très noir et au bec long et massif, leur démarche est lente et leur vol pesant. Il existe aussi une espèce d'oiseaux ressemblant beaucoup à nos corneilles tant par la grosseur que par la couleur, ils vivent dans la compagnie des chèvres qu'ils débarrassent de leurs parasites. On les voit évo-

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.

luer sur le dos de ces représentants de la race caprine, qui s'accommodent fort bien, semble-t-il, de cette servitude d'un nouveau genre. A côté d'eux, s'ébattent des tisserins jaunes, quelques rares martins-pêcheurs et un petit oiseau noir à collerette rouge.

L'épervier et la bergeronnette apparaissent le plus ordinairement. Le vautour et le merle métallique semblent très peu répandus.

L'épervier décrit d'innombrables circuits au-dessus de la plaine et surtout des villages. Il plonge et replonge pour saisir la proie aperçue et convoitée. Il est d'une grande adresse sous ce rapport et vient même chercher le morceau qui le tente entre les mains de celui qui le porte. C'est ainsi qu'un jour mon domestique, dans le court trajet de la cuisine à l'endroit où je mangeais, se vit enlever la moitié du poulet qu'il m'apportait. J'ai assisté plusieurs fois à des scènes de ce genre. Elles étaient toujours fort amusantes à cause de l'ahurissement dans lequel elles jetaient ceux à qui l'aventure survenait.

La bergeronnette est très familière. Elle court et sautille à côté de vous, hochant sa queue et dressant sa tête fine et espiègle.

Parmi les reptiles, il faut signaler principalement les lézards, qui sont très nombreux. Ces sauriens varient de taille et de couleur. Les uns sont petits et de nuance grise, d'autres, plus longs et plus gros, ont une robe brune coupée en certaines parties de taches rouges et jaunes courant autour du corps. J'ai vu des caméléons. Je n'ai pas rencontré d'iguane, mais les indigènes m'ont affirmé qu'elle existait. La grenouille et le crapaud sont très rares ; l'absence de marais explique ce fait.

Les serpents ne paraissent ni nombreux ni variés. Le plus commun est le petit type de nuance verte, que

(Poss. : Anglo-Egyptiennes).

A, 2 {suite).

l'on trouve partout au Congo. J'ai vu un unique python dont la taille atteignait 2mio.

J'ai eu aussi l'occasion de tuer un serpent vert mesurant i,u8o de long. C'est fort peu, si l'on songe que je déambulais constamment dans les champs et les fourrés.

Le poisson est très rare. J'ai vu quelques individus ressemblant à l'anguille et quelques autres qu'il faut ramener à la famille des silurides. On trouvera l'explication de la rareté du poisson dans les conditions hydrographiques du pays.

Au nombre des coléoptères figure le vulgaire charançon. Il y a peu de papillons. Les abeilles, au contraire, sont fort répandues; elles nichent dans les arbres; les indigènes leur dérobent le miel. L'existence des fourmis rouges et noires, si détestées du colon, est quasi nulle. Jamais je n'ai rencontré de ces caravanes interminables barrant les sentiers et envahissant les habitations. Les termites sont assez abondants. Les demeures qu'ils se construisent affectent généralement la forme d'un monticule conique flanqué de tourelles d'une structure analogue. Le termite en question n'est pas la « fourmi blanche » qui s'établit le long des arbres et des cloisons en bois dans des retraites semblables à de minuscules tunnels. Il s'agit ici d'un termite beaucoup plus grand, de couleur brune, pourvu de deux ailes grises et légères. Les natifs en sont fort friands. Il existe une autre espèce d'insectes que je n'ai rencontrée dans aucune région du Congo. Les types qui

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. A, 2.

la composent sont de couleur rouge brique, longs d'un à deux centimètres et pourvus d'un grand nombre de pattes. On les voit le plus souvent agglutinés, en quelque sorte, et grouillant les uns sur les autres en un amas d'aspect répugnant.

La djique est inconnue et le moustique presque nul. L'inexistence de marais et les conditions hydrographiques du pays expliquent la rareté de ces derniers. Je n'ai vu de cancrelats nulle part, ni perçu le cri-cri énervant du grillon. Les sauterelles ne font leur apparition que dans de rares circonstances et elles ne vivent jamais en bandés.

Rares aussi sont les araignées.

Vanden Plas.

KUKU

(Poss. : Anglo-Egyptiennes).

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

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