‹ Les Kuku (possessions anglo-égyptiennes)Chapitre 125 sur 152 · Nature de la propriété · texte numérisé non relu

Nature de la propriété

A en croire les indigènes, la propriété est privée.

Mais, pour avoir une idée adéquate de la valeur de ces termes, rapportés à l'occupation du sol, il convient de ne pas négliger les tempéraments qui, dans la pratique, affectent l'exercice du droit.

Il n'y a, peut-on dire, qu'un seul propriétaire foncier par clan. Ce détenteur du sol est tenu de garder sur ses terres ceux qui s'y trouvaient au moment où la succession s'est ouverte et ceux qui y naîtront par la suite. Il peut réclamer d'eux une redevance en nature pour l'occupation du sol; dans ce but, tous les ans ou tous les deux ans, il perçoit dans chaque famille ou dans chaque groupe déterminé de familles une tête de bétail et une certaine quantité du produit des cultures. Il peut exiger des occupants de sa terre qu'ils contribuent annuellement à l'installation de ses propres plantations ; à l'issue des travaux, il tue une bête et fournit de la bière pour régaler les travailleurs. Il ne déplace jamais ses habitations au delà d'un rayon de 5 à 6 mètres.

Ceux qui occupent sa terre ne peuvent déplacer leurs huttes et leurs cultures sans son autorisation, à moins de le faire dans l'étendue du lot qu'il leur a assigné.

Le propriétaire revendique le droit de disposer librement de son bien. Mais, lorsque vous lui proposez d'acheter sa terre, il vous répond invariablement :

Kmku. Poss. : Anglo-Egypt. F, a, i5$.

« Mais, si je vends ma terre, où irai-je, et où iront mes gens, et ne mécontenterai-je pas ceux-ci? » Il vous dira encore qu'avant de se décider, il consultera ses proches. Si donc, théoriquement, un droit de propriété est reconnu par tous au profit du détenteur du sol, dans la pratique, l'aliénation de la terre sous forme de vente est quasi impossible.

En matière de meubles, la notion de la propriété paraît assez nette. Un homme a le droit d'user et d'abuser des choses qu'il possède : lances, flèches, etc. Les femmes ont ce même droit à l'égard des objets qu'elles se confectionnent ou qu'elles obtiennent par l'échange contre le produit de leur travail. Mais, si c'est là le droit strict, il faut se garder de conclure qu'il n'y a pas de tempérament, en fait : d'habitude, la femme consultera son mari et l'homme demandera l'opinion de sa femme. Assurément, ceci ne s'applique pas aux objets de peu d'importance, mais aux objets de valeur, au bétail par exemple. Dans ce cas, du reste, on ne se borne pas à demander l'avis du conjoint; on s'adressera volontiers à la parenté : fils, oncle, etc,

Des esclaves, le Kuku a le droit de disposer : il peut les vendre, les échanger, les tuer.

Vanden Plas.

KUKU

(Poss. : Anglo-Egyptiennes)

F. — Vie sociale.

a) Propriété.

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